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Parole d'expert

La fausse route : les gestes qui sauvent

3 min de lecture
Publié le 13.05.2019 à 13h20 
(mis à jour le 15.05.2019 à 17h21)

Comment réagir quand un bébé ingère un corps étranger et fait une fausse route ? Notre pédiatre Arnault Pfersdorff vous apprend quelques gestes à reproduire en cas d’urgence.

Comme le rappelle l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), la majorité des accidents par étouffement concerne les enfants de moins de 6 ans. Et si les accidents ménagers sont toujours la première cause de décès chez les enfants, environ 7% des décès d’enfants de moins de 4 ans sont imputables à l’inhalation de corps étrangers par asphyxie fatale, comme l’explique le docteur Arnault Pfersdorff, pédiatre.

Surveillez l'environnement !

À partir de 3 mois votre enfant commence à attraper des objets à sa portée et peut se retourner. C’est vers ses 6 mois qu’il va commencer à ramper ou à faire du 4 pattes. Âge durant lequel le nourrisson est particulièrement curieux. Il va donc avoir tendance à mettre dans sa bouche tous les objets qu’il croise. Il est donc important de ne pas laisser à sa portée :

Pièce de monnaie, billes, bonbons, petits jouets, piles, capuchons de stylos, barrettes à cheveux, trombone, épingle, petits aliments (cacahuètes, céréales, noix, olives, saucisson…).

Les symptômes de la fausse route

Le syndrome de pénétration se caractérise par une asphyxie ou des suffocations peut être moins visible chez le nourrisson et le petit enfant. En cas d’asphyxie grave, certains symptômes doivent alerter :

  • Absence de toux,
  • Mouvements respiratoires non visibles,
  • Immobilité, perte de tonus ou agitation,
  • Extrémités des mains ou des pieds et lèvres bleues,
  • Pâleur.

« Lorsqu’on a cette notion de syndrome de pénétration, il ne faut pas oublier que, dans environ la moitié des cas, le corps étranger reste à demeure après disparition des symptômes, même si, dans l’autre moitié des cas, il est recraché, précise le spécialiste. Parfois on passe à côté et c’est une toux chronique qui apparaît dans les semaines suivantes, une difficulté à respirer, une infection pulmonaire qui amèneront le médecin à affiner l’interrogatoire. Et, s’il y a le moindre doute, on procéde à une radio des poumons ou à une fibroscopie exploratoire. »

Les gestes de premier secours

  • Nourrisson

L’expert préconise de mettre l’enfant en position allongée ventrale sur la jambe de l’adulte, qui va alors effectuer 5 tapes dorsales. Elles doivent être franches et faites avec le talon de la main entre les 2 omoplates du bébé. Si elles s’avèrent inefficaces, il faut alors passer aux compressions thoraciques, qui seront, cette fois, effectuées en couchant l’enfant sur le dos.

  • Enfant de plus de 2,3 ans

Le docteur recommande également d’effectuer les 5 tapes dorsales. Mais si c’est un échec il conseille de passer à la méthode Heimlich, comme pour les adultes, en effectuant des compressions abdominales, en dessous de l’appendice xiphoïde.

Évidemment, il faut, dans le même temps appeler un numéro d’urgence médicale. Si les parents sont 2, un des conjoints peut effectuer les gestes de premier secours pendant que le second appelle. Si le parent est seul, il branche son téléphone en kit main libre, cela lui permettra également de suivre les instructions, au bout du fil, d’un urgentiste.

Les numéros d’urgence médicale :

à noter

Il existe des formations de secourisme accessibles dès l’âge de 10 ans. Pour acquérir, ensuite, un niveau PSC1, c’est-à-dire, de Prévention et secours civiques de niveau 1, il suffit de s’adresser à : la Protection civile, la Croix Rouge, les Sapeurs-pompiers de France
La rédaction de La Maison des Maternelles

Expert

Arnault Pfersdorff

Pédiatre

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