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L'importance de prendre son congé paternité

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Publié le 03.02.2020 à 11h50 
(mis à jour le 09.09.2020 à 15h34)

Avec ses 11 jours de congé paternité facultatif, la France fait figure de mauvais élève en comparaison de certains de ses voisins européens. Beaucoup de pères hésitent encore très souvent à profiter de ce congé. État des lieux de la situation. 

Le congé paternité en France, ce que dit la loi 

  •  Pour qui ? 

Selon le code du travail, toute personne vivant aux côtés d’une mère à l’occasion de la naissance ou de l’adoption de son enfant peut bénéficier d’un congé paternité et ce quel que soit la nature de son contrat ou son ancienneté.  

  •  Combien de temps ? 

Le congé paternité dure 11 jours calendaires pour une naissance unique et peut s’allonger à 18 en cas de naissance multiple. Ce sont des maximums et ces congés ne peuvent pas être fractionnés. Le congé paternité doit être pris dans les 4 mois qui suivent la naissance.  Seule exception, un congé de 30 jours consécutif peut être pris en cas d’hospitalisation d’un enfant. 

  •  Obligations 

L’employeur ne peut pas refuser un congé paternité si les conditions sont requises par le demandeur pour l’obtention de celui-ci. Par ailleurs, le père ne peut pas être licencié pendant le congé et devra retrouver son précédent emploi à son retour. 

Dans les faits 

Ce congé étant facultatif, tous les pères ne le prennent pas. Selon une enquête menée par la DREES (Direction de la Recherche des Études de l’Évaluation et des Statistiques), on estime que les deux tiers des pères concernés profite de leur congé paternité. La prise ou non de ce congé dépend la plupart du temps de la catégorie socio-professionnelle du père, puisque la DREES estime à 22% les pères ayant recours au congé paternité chez les agriculteurs et les artisans, contre 81% chez les employés. Par ailleurs, il apparaît une nette différence entre le public et le privé : 87% pour l’un, 68% pour l’autre. Cela s’explique en partie par la stabilité ou non des postes occupés et par les éventuelles pressions qui peuvent peser sur certains employés. 

La situation en Europe 

Les pays les plus généreux en terme de congé paternité sont essentiellement les pays du Nord, avec en cheffe de file, la Norvège qui offre 14 semaines à chaque parents et 39 semaines à se répartir entre eux.  En Espagne, les congés paternités sont passés en 2019 de 5 à 8 semaines. Ces congés sont rémunérés à 100%. La France se classe donc parmi les pays les moins audacieux, devant l’Italie et la Grèce tout de même, qui n’offrent que 2 jours de congé paternité.

carte des congé paternités en Europe

Une évolution nécessaire des mentalités

Les premières semaines de vie du nourrisson sont donc encore trop souvent entièrement à la charge de la mère, qui doit se remettre aussi la plupart du temps de son accouchement. Que l’on milite ou non pour le rendre obligatoire, il est très important que les pères n’hésitent pas à profiter de ce congé. Cela tendra aussi à réduire les discriminations à l’embauche puisque pères et mères seront tous susceptibles d’être absent en cas de naissance ou d’adoption. Pour Anna Roy, sage-femme, il est évident que les pères doivent être investis auprès des mères durant les 40 premiers jours de vie de l'enfant :

"Aujourd'hui les femmes sont hyper seules, donc c'est une mesure de santé publique. Il faut que les pères soient arrêtés pendant quarante jours. Une femme qui vient d'accoucher n'est pas en mesure de gérer tout ce qu'elle a à gérer après un accouchement."

 

La rédaction de La Maison des Maternelles