france.tv

L'épisiotomie, point par point

4 min de lecture
Publié le 01.04.2019 à 18h32 
(mis à jour le 09.04.2019 à 11h48)

Aujourd’hui en France, une femme sur cinq a une épisiotomie lors de son accouchement. Cependant il faut être bien informée pour éviter toute mauvaise surprise.

 

L’épisiotomie, en quoi cela consiste ?

Selon le Docteur Gonzague Mellerio, gynécologue obstétricien : « l’épisiotomie est une incision des muscles superficiels du périnée qui permet d’agrandir l’espace par lequel passe le bébé. C’est une déchirure provoquée. »

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il est préférable de pratiquer une épisiotomie plutôt que de faire face à une déchirure complexe. 

Il y a différents types de déchirures, certaines sont légères, d’autres plus complexes. 

Tout d’abord la petite déchirure superficielle qui ne touche que les muscles superficiels du périnée et se résorbe par la suite. D’autres sont un peu plus grandes mais restent incomplètes, elles peuvent toucher le centre du périnée. 

Puis ce sont des déchirures complètes pouvant atteindre le sphincter de l’anus. Pour finir, la déchirure la plus redoutée est le « périnée complet compliqué » qui est une déchirure jusqu’aux muqueuses du canal de l’anus (rassurez-vous, cette dernière survient à moins de 1% des accouchements).

Les cas où l’on pratique l’épisiotomie ?

On pratique l’épisiotomie pendant la délivrance, tout à la fin de l’accouchement. Lorsqu’il y a le plus grand diamètre à sortir, c’est-à-dire quand la tête du bébé est là. 

Cependant il arrive que des complications à cet instant de l’accouchement arrivent : 

« Une épisiotomie peut se justifier quand il y a un souci lors de la poussée ou encore une souffrance du bébé, explique Catherine Mustin, sage-femme. Dans certains cas il faut faire sortir le bébé plus rapidement, l’épisiotomie est alors une aide. » 

D’autres circonstances sont propices à l’épisiotomie, lorsque votre bébé se présente en siège (par les fesses) ou encore lors de l’utilisation d’aides manuelles comme les forceps.

Peut-on éviter l’épisiotomie ?

On peut essayer de minimiser les épisiotomies notamment en favorisant différentes postures lors du travail et de l’accouchement. Il est conseillé de demander en amont des conseils aux professionnels de santé. Chaque femme a sa posture : sur le côté, accroupi, ou encore debout. Anna Roy, sage-femme explique :

« Si une position sur le côté ou à quatre pattes convient mieux à la maman, ça peut réduire le risque de déchirure et d’épisiotomies : c’est très clair. »

D’autres moyens sont utilisés par les professionnels pour tenter de minimiser les épisiotomies. Comme le décrit Anna Roy : 

« On peut mettre des compresses chaudes ou froides pour apaiser, et puis essayer de sortir très doucement la tête du bébé, à chacun ses astuces ! » 

Cependant, gardez bien en tête que le risque zéro n’existe pas. Tout ce dont vous avez besoin c’est d’être bien informée au préalable.

Le manque d’information :

 « Une fois que mon fils est né, j’ai vu le médecin sortir un fil et une aiguille et il a commencé à me recoudre, témoigne Marine. Je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu que j’avais eu une épisio ainsi qu’une déchirure intérieure et extérieure… »

Comme Marine, bien des mamans ne sont pas au courant de tous les aspects de cette pratique lors de leur accouchement. Bien sûr, le manque de communication du personnel médical est anormal, cependant il est possible que le jour-J le praticien ait peu de temps pour tout vous expliquer surtout s’il y a une complication. 

Pour éviter ces désagréments, n’hésitez pas à vous informer en amont à votre sage-femme ou gynécologue qui vous suit. L’épisiotomie est assez fréquente mais si vous connaissez d’ores et déjà tous les aspects de cet acte, et que vous les avez acceptés, cela sera sûrement plus facile à vivre pour vous si la situation se présente. 

L’après accouchement :

L’épisiotomie laisse place à une cicatrice douloureuse pendant une voire deux semaines (parfois plus lors de complications). Cela étant il existe des antidouleurs appropriés. Pour vous rassurer, n’hésitez pas à faire surveiller l’état de votre cicatrice lors d’une consultation. Les fils des sutures devraient être totalement résorbés après un mois.

S’il existe des complications comme des hématomes, une douleur constante ou des infections qui nécessitent un suivi et un traitement adapté. Sachez que cela ne concerne que 2% des cas.

Pendant les premiers temps après la naissance de votre bébé, surtout ne vous agitez pas ! Si les antidouleurs font effet, la cicatrice, elle, ne s’est pas encore résorbée. Évitez à tout prix de ramasser des objets à terre. Effectivement, plus la zone des fesses est étirée, plus la cicatrice se tend et sa guérison se retarde.

La rédaction de La Maison des Maternelles

Expert

Anna Roy

Sage-femme

expert-photo