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L'enquête glaçante sur l'accueil des femmes victimes de violences par les forces de l'ordre

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Publié le 24.03.2021 à 13h58 
(mis à jour le 31.03.2021 à 18h47)

Banalisation des faits, refus de prendre la plainte, culpabilisation des victimes : le collectif Nous Toutes livre le rapport de son enquête sur la prise en charge des victimes de violences en commissariat ou gendarmerie.

Ce sont près de 3500 témoignages de personnes ayant tenté de porter plainte ou ayant porté plainte pour des faits de violences conjugales, violences sexistes ou sexuelles, que le collectif a reçu en l’espace de 15 jours. 

Et les conclusions sont sévères : 66% des répondantes font état d’une mauvaise prise en charge par les forces de l’ordre lorsqu’elles ont voulu porter plainte pour des faits de violences sexuelles.

Nous Toutes précise :

  • 97,3% des répondant·e·s sont des femmes. 
  • 70% des témoignages concernent des victimes majeures. 
  • 30% des témoignages concernent des victimes mineures. 
  • 43,7% des témoignages concernent des faits de violences au sein du couple. 
  • Les témoignages concernent tous les départements, de métropole et d’outre-mer. 

Les personnes ayant témoigné d’un mauvais accueil détaillent :

  • Une banalisation des faits  (67%) : « Physiquement, vous allez bien non ? C'est bon alors, les mots et insultes, c'est pas grave, tout le monde s'est déjà fait insulter y a pas mort d'homme ! » - Strasbourg, 2020.
  • Un refus de prendre la plainte ou découragement de porter plainte (56%) : « Il m'a dit qu'en l'absence d'atteinte à mon intégrité physique, il n'y avait pas lieu de porter plainte. » - Boulogne Billancourt, 2017.
  • Une culpabilisation de la victime (55%) : « Le policier qui prenait ma plainte pour revenge porn (diffusion d’une vidéo) m’a dit « tu te respectes pas en fait » (j’avais 16 ans) après ça j’étais tellement mal que j’arrivais plus à retracer les faits. » - Département 34, 2021.
  • Des moqueries, sexisme ou propos discriminant (29%) : « Vous avez de la chance, c'est à la mode, les violences conjugales ! » - Paris, 2018. 
  • Une solidarité avec l’agresseur (26%) : « Vous risquer de gâcher sa vie et le reste de sa scolarité. » - Nancy, 2019. 

Le ministère de l’Intérieur début 2021, précisait que « 90% des femmes ayant porté plainte en 2020 pour des faits de violences conjugales étaient satisfaites de l’accueil en commissariats et gendarmeries ». Un chiffre totalement erroné selon le collectif Nous Toutes et d’autres associations féministes, qui relatent une toute autre réalité de terrain, notamment grace aux témoignages qui se multiplient sur les réseaux sociaux sous le hashtag #PrendsMaPlainte.

La rédaction de La Maison des Maternelles