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L’endométriose

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Publié le 15.04.2019 à 11h40 
(mis à jour lundi dernier à 16h14)

Cette maladie gynécologique toucherait 1 femme sur 10 en France. Encore mal connue et compliquée à diagnostiquer, elle peut être la cause d’importantes douleurs, voire d’infertilité.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie qui se définit par la présence de tissu utérin en dehors de la cavité utérine. L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’utérus. Chaque mois, lors du cycle menstruel, il grossit sous l’effet des hormones, puis se désagrège et est évacué avec le sang des règles.

En cas d’endométriose, l’endomètre va migrer vers d’autres organes voisins, tels que les ovaires, la vessie, le rectum…

Une fois greffé à ce nouvel organe, l’endomètre va causer de nouvelles douleurs et de nouveaux saignements. Vu qu’il a conservé les mêmes caractéristiques que celles de la muqueuse utérine, à chaque cycle menstruel, il va se comporter comme elle et va provoquer les mêmes syndromes localisés dans son nouvel habitat, comme l’explique le professeur Emile Daraï, chef de service de gynécologie obstétrique et de médecine de la reproduction humaine à l’hôpital Tenon, à Paris :

« L’endométriose se comporte un peu comme un cancer dans la mesure où c’est une tumeur qui envahit les tissus adjacents, mais qui, fort heureusement, ne met jamais en cause le pronostic vital de nos patientes. »

Les douleurs et l’infertilité

L’endométriose se caractérise, dans la plupart des cas, par des douleurs pelviennes au moment des règles. Elles peuvent être très violentes et handicapantes. Certaines femmes ne peuvent travailler ou étudier durant ces périodes. Chez certaines patientes les douleurs peuvent persister en dehors de la période de règles, notamment durant des rapports sexuels ou quand elles se rendent à la selle. Des symptômes dont les femmes ne doivent pas avoir honte, comme le rappelle le spécialiste :

« Le tabou c’est de ne pas évoquer les douleurs pendant les règles et les rapports. C’est parfois difficile de dire que l’on a mal pendant ces moment-là mais c’est important. Car l’endométriose est la première cause d’absentéisme des jeunes filles. »

Il se peut aussi que la maladie soit asymptomatique. Elle peut donc ne jamais être découverte, ou être diagnostiquée par hasard, lors d’une consultation chez une patiente qui aurait du mal à concevoir un enfant. Car l’endométriose peut être à l’origine de situation de stérilité comme l’indique le professeur Daraï :

« L’endométriose est la première cause d’infertilité actuellement en France, et la première cause du recours à l’assistance médicale à la procréation. Ces 2 signes qui sont la dysménorrhée (NDLR : les douleurs à l’abdomen durant les règles) et l’infertilité, d’emblée, doivent faire évoquer auprès des jeunes femmes, la possibilité d’une endométriose. »

Soigner et guérir

L’un des problèmes majeurs de cette maladie est le diagnostic. Car aujourd’hui, il n’existe pas de technique pour la dépister. En 2017, des spécialistes, dont le professeur Daraï, ont publié une recommandation pour le diagnostic et la prise en charge de l’endométriose afin d’aider les professionnels de santé à reconnaître cette maladie et à la soigner. Mais même cela est complexe enseigne l’expert :

« Pour guérir il faut traiter la cause initiale, or on ne l’a pas. Quand on a une endométriose on risque d’en ravoir toute sa vie car le facteur de risque de récidive est très important même après une opération (environ 20%). L’opération servira à améliorer la qualité de vie de la patiente, et sa fertilité. »

 Les opérations sont lancées quand les traitements médicaux ont échoué. En première attention la patiente va se voir prescrire des traitements hormonaux (pilule, progestatifs…) qui pourront avoir un effet suspensif sur le mal, mais sans traiter complètement la cause, car elle n’est pas connue. Le professeur a donc un conseil pour les femmes qui souffriraient d’endométriose et désireraient avoir des enfants : 

« Elles ont tout intérêt à tenter de tomber enceinte rapidement. C’est bien de tomber enceinte tôt et d’essayer d’avoir un enfant normalement au début. On passera ensuite aux traitements, à la PMA ou à la chirurgie selon la patiente et sa pathologie. »

La rédaction de La Maison des Maternelles