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À l’école des enfants à haut potentiel

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Publié le 25.06.2020 à 13h02 
(mis à jour le 25.06.2020 à 13h11)

En France, on estime à plus de 2% les enfants considérés comme précoces ou haut potentiel. Pour autant, trouver un établissement scolaire pour ces enfants n’est pas chose simple. 

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, à l’école, les enfants précoces n’ont pas forcément la vie facile. Face à un manque de moyens et de formations dans les structures publiques, certains parents choisissent de scolariser dans des écoles offrant un accueil particulier pour les enfants à haut potentiel. Des structures la plupart du temps privées. 

Enfant à haut potentiel et scolarité

Quand un enfant à haut potentiel rentre dans le cercle scolaire, il est parfois difficile pour lui de s’intégrer ou de ne pas s’ennuyer. Certains élèves non diagnostiqués peuvent même passer pour des « cancres » alors qu’ils sont découverts plus tard intellectuellement supérieurs à la moyenne. 

Lorsque la pédagogie n’est pas adaptée face à un enfant HPI (Haut Potentiel Intellectuel), le risque de décrochage est important. L’ennui en classe est donc l’ennui numéro 1 pour ces enfants. 

Fabrice Bak, psychologue et auteur du livre La Précocité dans tous ses états, à la recherche de son identité, nous explique les principales difficultés des enfants à haut potentiel à l’école : 

« Je note trois formes de difficultés. Paradoxalement, il y a chez ses enfants, un manque de confiance en soi. Ensuite, il y a des difficultés au niveau du travail scolaire. Par exemple, en maternelle ou en primaire, ils n’ont pas besoin de mettre en place un système d’organisation vu qu’ils retiennent tout. Ils n’ont pas l’habitude d’approfondir, et ils vont souvent confondre « apprendre » et « comprendre. Enfin sur le plan relationnel, le lien avec les autres peut être plus complexe. Leur hypersensibilité fait aussi qu’ils comprennent très vite ce qu’il se joue autour d’eux. »

Des associations et des formations à destination des parents 

Face à ces difficultés, certaines associations et écoles se sont adaptées pour ces enfants à haut potentiel. Selon Fabrice Bak, mettre son enfant dans une école réservée aux élèves précoces n’est pas forcément judicieux car « ce n’est pas à l’image de la vie ». Des dispositifs d’accueils existent dans chaque académie avec un référent académique pour accompagner les familles et répondre aux questions. 

Mais faute de moyens, d’informations et de formations, les structures publiques ne peuvent pas toujours répondre suffisamment à la demande des parents et de ces enfants précoces. Difficile pour les enseignants de repérer et d’accompagner ces enfants, puisqu’il n’y sont pas formés. Le ministère de l’Éducation nationale a créé une page dédiée aux enfants à haut potentiel à destination des enseignants. Sans obligation, la prise en charge de ces enfants dépend donc majoritairement de la motivation et la connaissance de chaque enseignant sur ce sujet. 

De nombreuses associations existent afin d’aider et accompagner les parents d’enfant à haut potentiel. C’est le cas de l’AFEP (Association Française pour les Enfants Précoces). Elle vise à offrir aux parents et aux professionnels de l’enfance des moyens pour identifier les particularités de ces enfants. Une meilleure compréhension permet de favoriser leur intégration et leur réussite scolaire et sociale. 

Il y aussi l’ANPEIP (Association Nationale pour Les Enfants Intellectuellement Précoces) qui a créé un solide réseau sur tout le territoire afin d’informer au mieux les familles, enseignants ou professionnels de l’enfance. 

Des écoles privées spécialisées pour les enfants zèbres

Parfois désemparés, certains parents se tournent vers des écoles privées réputées pour leur bonne prise en charge des enfants à haut potentiel. Afin de redonner le goût de l’école à ses enfants, ces établissements mettent en place une pédagogie différentielle adaptée avec un suivi personnalisé de l’élève. 

C’est le cas à Nantes dans l’école du réseau Arborescence. Ce réseau d’école existe à Bry-sur-Marne, à Toulouse et à Lille également. Le but est d’accompagné les enfants afin qu’ils puissent ensuite rejoindre avec succès le système scolaire général à partir du collège. Pour ces élèves de primaire aux âges différents, aucun cours magistral. Puisque la capacité d’attention de ces enfants est très limitée, l’accent est mis sur l’enseignement oral et la participation de chacun. 

Pour Marie Imeins, enseignante dans l’école arborescence de Nantes, le haut potentiel de ces enfants est à double tranchant : 

« Dans cette école grâce au nombre d’élèves, aux niveaux mélangés, les entraides entre les élèves, on aperçoit des enfants de 6-7 ans qui font le travail d’un enfant bien plus âgé.  Ce sont des enfants hyper intelligents, hypersensibles, hyper-sensoriels. Le haut potentiel peut être un véritable tremplin dans la vie comme un vrai fardeau »

La rédaction de La Maison des Maternelles