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"Je voulais que tout s'arrête" : phobie scolaire, quand l'école fait mal

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Publié le 29.09.2020 à 16h20 
(mis à jour le 01.10.2020 à 12h55)

La phobie scolaire toucherait 5% des enfants. Aujourd'hui, Pauline, une jeune adolescente, vient témoigner sur son vécu.

Qu'est-ce que la phobie scolaire ?

Marie-Rose Moro est pédopsychiatre, elle nous explique ce qu'est la phobie scolaire :

« C’est un syndrome, une série de symptômes, de douleurs qui s’expriment par tout le corps et le fonctionnement psychique. Les spécialistes appellent cela un "refus scolaire anxieux" pour insister sur cette question de l’anxiété. Mais "phobie scolaire" c’est le nom ancien qui dit combien l’école fait mal.

Mais l’école c’est quoi ? C’est quitter sa maison, sa chambre, son cocon, sa famille, faire le chemin, arriver à l’école, ensuite il y a les copains. Puis les enseignants, l’école elle-même, et le savoir. La phobie peut toucher tout ça ! Ce qui fait mal ça peut être aussi bien "sortir de sa chambre" donc une peur de l’extérieur. Ça peut être quelque chose qui s’est passée sur le chemin donc un évènement traumatique, ca peut être le rapport avec les camarades qui est douloureux, le rapport avec les enseignants, les méthodes pédagogiques ou même le savoir. Certains adolescents peuvent ne pas se sentir assez à la hauteur pour apprendre. » 

Quand l'école est une souffrance

Pauline est une jeune fille pour qui la phobie scolaire a commencé à s'installer dès l'école primaire :

 « Ça a commencé en CE2, on m’a souvent descendue au niveau de mes notes, et je me mettais une grosse exigence. Je me sentais inférieure et pas assez intelligente. »

Mais c'est au collège que l'histoire se complique pour Pauline. Alors scolarisée en classe de 4ème, la jeune fille n'en peut plus, elle craque :

« Ça a été la fois de trop, je me suis retrouvée par terre contre le radiateur, je me suis écroulée, j’ai dit que je voulais que tout s’arrête. J’étais épuisée de tout le temps faire des efforts. C’est là où maman m’a vue en pleurs et a compris que quelque chose n’allait pas. »

Pauline se scarifie, comme un appel au secours. Elle explique :

« Au fur et à mesure du temps, cette souffrance était tellement grande et incomprise, que je n’ai trouvé que recours à ca. »

Suite aux scarifications, sa mère l'emmène alors aux urgences. Elle sera, une semaine plus tard, hospitalisée dans un service spécialisé pendant 3 semaines. C’est à ce moment là que les professionnels du corps médical l'aident à mettre des mots sur sa souffrance : la phobie scolaire. Des mots qui l'aident à aller mieux : 

« Je me disais que je n'étais pas normale, que je n'étais pas a ma place dans la société. Quand j'ai compris ce que j'avais, je me sentais enfin comprise, je comprenais pourquoi j’étais dans cet etat là. »

Depuis, Pauline va mieux, elle reprend petit à petit confiance en elle et en ses capacités d'apprentissages :

« Aujourd'hui je suis en 3ème. J'ai repris plaisir à y aller, même si je peux encore avoir des angoisses. J’ai repris confiance en moi, j’ai retrouvé le plaisir d’apprendre, même si j'ai encore des fragilités. »

La rédaction de La Maison des Maternelles