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Je souffre de vaginisme

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Publié le 21.10.2021 à 15h12 
(mis à jour le 12.11.2021 à 15h19)

Sofia souffre de vaginisme, une contraction involontaire des muscles qui entourent le vagin. Après un long combat, elle a pu devenir mère : elle raconte son histoire à LMDM.

Le vaginisme : qu’est-ce que c’est ?

Selon l’OMS, le vaginisme se définit comme une contraction involontaire des muscles du périnée - qui entourent le vagin - en cas de tentative de pénétration par le pénis, doigt, tampon ou spéculum. Sofia l’a constaté très jeune :

« À 18 ans j’ai essayé de mettre un tampon mais ça bloquait total. Avec mon copain ensuite, la pénétration n’était pas possible : il se heurtait à un mur. On a appris à prendre du plaisir autrement, car la sexualité ce n’est pas que la pénétration. »

Pour les femmes souffrant de cette pathologie, faire un examen gynécologique complet peut aussi s’avérer très complexe, voire impossible :

« La 1ère fois qu’une gynéco a voulu m’ausculter, elle n’a même pas eu le temps de tenter d’insérer le spéculum, mes jambes se refermaient automatiquement. Elle a donc proposé un toucher vaginal au doigt : ça m’a fait très mal, j’en ai pleuré. Elle n’a pas eu une super réaction, elle m’a dit qu’elle n’était pas sexologue. J’avais 20 ans, j’avais besoin d’être aiguillée. »

Les causes et traitements du vaginisme pour Sofia

Le personnel médical étant très peu formé à cette pathologie, le mot « vaginisme » n’a été posé sur le blocage de Sofia que 10 ans après le début de sa relation amoureuse. En consultant différents spécialistes comme un kinésiologue, un psychologue travaillant sur la mémoire cellulaire, ou encore un hypnothérapeute, elle a pu trouver des explications :

« Il y a eu dans mon entourage des excisions du clitoris. Je ne l’ai pas subi, mais j’ai été très choquée quand j’ai appris ça enfant. J’ai aussi eu une éducation assez stricte, on ne pouvait pas dire qu’on voyait un « copain », on disait toujours « une copine », et j’ai peut-être gardé en tête que le – sexe - masculin c’était ‘mal’. »

Sofia a également entamé un travail physique pour apprendre à relâcher ses muscles périnéaux, avec une sage-femme sexologue et une ostéopathe, tout en s’entraînant en parallèle avec des dilatateurs : de petits « tubes » en plastique plein à insérer dans le vagin, de diamètres progressifs spécialement conçus pour combattre cette pathologie.

Devenir maman en étant vaginique

Malgré ses progrès, Sofia ne parvient pas à avoir de rapports sexuels avec pénétration. Elle est acceptée en parcours de PMA où elle fera deux tentatives de FIV. Un nouveau parcours du combattant, puis qu’un transfert d’embryon nécessite la pose d’un spéculum et le passage d’une sonde dans le vagin :

« Ils ont dû m’endormir pour la ponction d’ovocytes et pour le 1er transfert d’embryon. Quand la 2ème FIV a eue lieu, grâce à mon travail avec les dilatateurs notamment, j’ai réussi à la faire réveillée, j’étais vraiment fière ! Malheureusement, la grossesse n’a pas tenue... »

Parallèlement à ce parcours, Sofia et son conjoint tentent de mettre toutes les chances de leur côté pour que ce projet d’enfant aboutisse : le couple utilise donc la technique d’une seringue de sperme insérée dans le vagin pendant les périodes d’ovulation. En août 2020, Sofia est enfin enceinte ! L’accouchement par voie basse n’est pas une inquiétude pour elle :

« C’était complètement différent pour moi l’idée de la pénétration, d’entrer dans mon intimité, versus un bébé qui sort. J’ai réussi à accoucher par voie basse, et ça s’est super bien passé ! »

Aujourd’hui, Sofia est mère d'un petit garçon de 5 mois. La jeune femme est de plus en plus proche de la guérison, elle peut aujourd’hui avoir des rapports sexuels avec pénétration.

La rédaction de La Maison des Maternelles