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Je ne veux qu'un seul enfant, et alors ?

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Publié mardi dernier à 16h25 
(mis à jour mercredi dernier à 10h23)

Si certains parents font le choix d'avoir plusieurs enfants, d'autres, en revanche, assument très bien de ne vouloir qu'un enfant unique, malgré les clichés qui collent à la peau de ce modèle.

En France, 18 à 20 % des familles ont un enfant unique, un chiffre stable depuis les années 1960, selon l’Institut national d’études démographiques. Pourtant, cela reste encore mal perçu, et le modèle de l'enfant unique est lourd de nombreux préjugés. Aurelie Callet, psychologue et coach parental, explique :

« Souvent, dans la tête des gens, ce qui est attendu, c’est 2 enfants : un garçon et une fille. D’ailleurs, c’est souvent pour cela que quand on a 2 enfants du même sexe, l’entourage dit : "Et à quand le troisième ?" »

Pourtant, pour certains couples, avoir un enfant unique apparaît comme une évidence après la naissance du premier. Notamment quand la grossesse et/ou l'accouchement se passent difficilement, comme cela a été le cas pour Charlène, maman de Marty, 15 mois :

« La grossesse a été horrible pour moi, j’ai eu une dizaine de saignements hémorragiques, avec, à chaque fois, le stress énorme de perdre mon bébé. J’ai accouché prématurément et mon bébé a passé 75 jours à l’hôpital. »

Histoire différente, mais même conclusion pour Allison, maman de James, 18 mois :

« J'ai vomi pendant 7 mois, matin, midi et soir. Ce changement de corps, les hormones, tout ça : ce n'était pas moi. J'avais du mal à me retrouver, et les premiers mois ont été très durs. C'est pour ça que je ne me sens pas de repartir dans cette aventure. »

En effet, l'image d'une grossesse et d'un accouchement idéalisés peuvent laisser place à une réalité beaucoup moins tendre, comme l'explique Aurelie Callet :

« On a tendance a donner une image idyllique de la grossesse et du nouveau-né. On ne dit pas assez que c’est très fatiguant, que ça peut être douloureux, compliqué. Parfois, il y a un peu une "déception" de ce qu’on avait pu imaginer. »

Mais au-delà de la grossesse ou de l'accouchement, il y a aussi d’autres arguments pour ces parents d'enfant unique : l’aspect financier, notamment. Également, le fait d'avoir trouvé un équilibre à 3 que l'on ne veut pas perdre, comme le dit Charlène : 

« Avec mon fils et mon conjoint, nous sommes un trio de choc ! Je ne veux pas que cela change.»

Quelle que soit votre décision, c'est votre choix, votre famille ! Et pour Aurelie Callet, affirmer son désir est important :

« Il faut réussir à se désancrer du regard des gens. C’est très bien que les parents qui ne souhaitent pas d'autres enfants l'assument, et disent qu’ils sont bien avec un enfant, qu’ils ont trouvé leur équilibre, qu’ils sont bien dans leur choix. »

Et quant à l’éducation ? Le cliché de l’enfant unique a la vie dure : il serait plus capricieux ou égoïste que les autres. Là-dessus, Charlène répond :

« Il faut différencier l’enfant unique de l’enfant roi. Avec mon conjoint, nous faisons tout pour que notre enfant ne devienne pas un enfant roi, même s'il n’a pas de frère et sœur ! »

Passé les commentaire de l'entourage, il peut être compliqué pour un couple d'assumer, face à leur enfant réclamant un petit frère ou une petite soeur, ce choix. Aurelie Callet conseille alors :

« Il faut être très clair avec son enfant. Lui dire qu’on est désolé, mais que ce n’est pas une décision qui appartient à l’enfant, qu'un choix aussi important appartient aux parents uniquement. »

La rédaction de La Maison des Maternelles