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J’aimerais accoucher à domicile mais j’ai peur des risques médicaux

Publié le 14.06.2021 à 15h43 
(mis à jour le 14.06.2021 à 16h03)

Crainte d’une hémorragie, peur pour son bébé… Les freins à l’accouchement à domicile peuvent être nombreux.

Écarter les accouchements à risques 

Avant un accouchement à domicile, la sage-femme s’assurera que la femme enceinte ne présente pas de pathologie qui pourrait compromettre son projet d’accoucher chez elle. Floriane Stauffer-Obrecht, sage-femme et codirigeante de l’APAAD, Association Professionnelle de l’Accouchement A domicile, précise :

« On fait déjà une sélection des patientes. On vérifie que leur état de santé permet un accouchement à domicile. »

L’hémorragie de la délivrance

C’est une crainte fréquente que peuvent ressentir les femmes qui souhaitent un AAD, Accouchement A Domicile. Floriane Stauffer-Obrecht, sage-femme, pratique l’accouchement à domicile. Elle explique :

« Une des grandes causes d’hémorragie de la délivrance, c’est quand même la direction du travail ou le déclenchement avec l’utilisation d’hormones de synthèse. Ça, on n’en prend pas à domicile. Par définition, on ne va pas mettre ce genre de médicament. Ensuite, il y a un certain nombre de pathologies, ou en tout cas de variantes, comme par exemple, le fait d’avoir un utérus sur distendu par des jumeaux, de l’hypertension, etc… Tout ça sont des choses qui font que vous ne pourrez pas accoucher chez vous : la plupart des choses qui amèneraient une hémorragie, on va les éliminer avant. C’est le principe de l’accouchement à domicile. »

Si malgré tout, il arrive une hémorragie, la sage-femme est formée et équipée pour faire face à la situation :

« La sage-femme est équipée, elle a de quoi faire du remplissage, c’est-à-dire mettre une perfusion à la femme, donner des médicaments antihémorragiques. On s’entraine aussi à faire des délivrances artificielles, donc à aller chercher le placenta avec la main. Et on prévoit de pouvoir transférer. »

Et le bébé ?

Et si le bébé a un souci à la naissance, les sages-femmes, de la même manière, savent le prendre en charge. Floriane Stauffer-Obrecht explique :

« On a aussi du matériel pour le bébé, de quoi le ventiler, de l’oxygène, on est compétences pour absorber ses secrétions, faire un massage cardiaque dans l’absolu, injecter des médicaments, dans l’attente du médecin. D’ailleurs, quand on travaille dans des petites maternités, le médecin n’est pas sur place, et si besoin, ce sont les sages-femmes qui commencent la réanimation en attendant le pédiatre. Donc les sages-femmes ont vraiment cette compétence-là. »

La rédaction de La Maison des Maternelles