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J’ai vécu une fausse-couche pendant le confinement

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Publié le 22.05.2020 à 15h15 
(mis à jour le 25.05.2020 à 17h31)

« Quand on m’a annoncé que le coeur du bébé ne battait plus et que j’allais devoir subir un curetage, j’ai demandé à ce que mon conjoint puisse venir. On m’a répondu que ce n’était pas possible »

Quand Amandine, 25 ans, tombe enceinte fin février, son conjoint et elle sont comblés par cette nouvelle. Amandine passe une première échographie, tout semble alors aller pour le mieux :

« Je suis allée passer ma première échographie, seule puisque le confinement avait déjà commencé, le 30 mars. Ce jour-là tout allait bien. J’ai entendu le coeur du bébé battre. »

Mais c’est lors de la deuxième échographie que tout s’écroule : l’équipe médicale annonce à la jeune femme que le coeur du bébé s’est arrêté, et qu’elle va donc devoir subir un curetage. Sous le choc de cette nouvelle, Amandine demande a pouvoir être accompagnée par son conjoint. Malheureusement, la situation sanitaire ne le permet pas, et le médecin refuse sa demande :

« Quand on m’a annoncé que le coeur du bébé ne battait plus et que j’allais devoir subir un curetage, j’ai directement demandé à ce que mon conjoint puisse venir. On m’a répondu : "Je vous comprends madame, c’est vrai que c’est difficile mais nous ne pouvons malheureusement pas accepter votre conjoint". »

S’en suivent de longues heures où la jeune femme attend :

« Cette journée a été très difficile. On m’a laissé toute seule dans la salle d’attente. Je voyais d’autres femmes enceintes défiler devant mes yeux. J'étais seule, sans mon conjoint. J’ai fini par craquer, j’ai voulu rentrer chez moi. Je me suis effondrée. À ce moment-là, une personne de l’équipe médicale m’a prise en charge. »

La jeune femme subira l’opération le lendemain, toujours seule. Elle regrette de ne pas avoir pu se faire accompagner dans cette épreuve :

« Selon moi, étant donné que la maternité où j’étais suivie accepte les papas à l’accouchement, elle devrait pouvoir accepter les papas aux échographies, en mettant en place les gestes barrières et mesures d’hygiène. La solitude dans laquelle je me suis retrouvée aurai pu être évitée. J’aurai pu être accompagnée, ne pas vivre ça seule. »

De retour chez elle, la situation n’est pourtant pas plus facile pour Amandine :

« Le plus dur je crois c’est lorsque je suis rentrée chez moi. Ne pouvoir voir personne à cause du confinement, pas même mes parents dont je suis très proche, c’est très difficile lorsqu’on traverse ce genre d’épreuve, surtout pour une première grossesse. À la maternité, on ne m’a pas proposé malheureusement de suivi psychologique. Encore aujourd’hui c’est difficile, je ne peux pas avoir de suivi avec le contexte actuel, même avec le déconfinement, c’est très compliqué. »

Marion Cousin