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J’ai sauvé mes deux enfants de l’inceste

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Publié le 30.09.2021 à 11h41 
(mis à jour le 04.10.2021 à 16h45)

Alors qu’elle pensait son couple idéal, Sylvaine découvre en 2018 que ses deux enfants ont été violés par leur père. Elle témoigne dans LMDM de cette descente aux enfers et son combat pour réparer son fils et sa fille. 

La nuit où tout bascule

En 2018, Sylvaine est l’heureuse maman de Juliette (5 ans) et Gabin (2 ans et demi), mariée depuis 2 ans au père de ses enfants. Tout semble idéal pour la famille.  

Mais en août 2018, le cauchemar commence lorsque la petite fille réveille sa mère en pleine nuit, souffrant de douleur à l’entre-jambe. La maman tente de la soulager, de la consoler mais Juliette continue de pleurer. C’est alors que le père monte dans la chambre de sa fille et que Sylvaine entend des éclats de voix. En remontant dans la chambre, elle découvre avec horreur que le père tente d’étrangler la petite fille. Elle les sépare et demande au père de ne plus s’approcher des deux enfants. 

Des révélations insoutenables 

Le lendemain, Sylvaine emmène ses deux enfants chez une psychologue suite aux évènements de la veille. C’est alors que le monde s’effondre pour la jeune maman : 

 « Nous étions dans la voiture avec les enfants. Je revois cette scène comme si c’était hier. Juliette me dit « Tu sais maman, quand papa me touche la foufoune, ça me fait mal » Ça a été un coup de massue, c’est indescriptible. C’est comme si on m’avait tapé la tête contre le mur. Je garde mon sang froid et je lui demande : « mais quand ? » et elle me répond : « hier et à Ibiza ». On était partis en vacances là-bas 2 mois avant. »

Pour Sylvaine, c’est le coup de massue. Elle retrace le fil des mois précédents à la recherche d’indices. Sylvaine confronte son ex-mari, qui avoue petit à petit les faits. La maman s’échappe dans sa famille avec ses deux enfants. Là-bas, Sylvaine accompagne sa fille déposer plainte à la brigade des mineurs. 

De retour à Paris, le père des enfants a quitté le domicile et est convoqué par la police nationale. Sylvaine s’installe dans un nouvel appartement avec ses deux enfants. 

De nouvelles révélations 

Mais quelques temps plus tard, Sylvaine va découvrir que sa fille n’est pas la seule victime de son père. Gabin, âgé de 26 mois, est alors très agité. La maman voit une seconde fois sa vie s’écrouler : 

« Gabin ce soir-là chouinait beaucoup dans mes bras. J’essaye de le rassurer et il me murmure « Papa » À ce moment, Juliette arrive en trombe : « Dis-lui Gabin, ce que papa t’a fait. La police et maman te croient, tu peux le dire » Là encore, nouveau coup de massue, aussi fort et indescriptible que la première fois… Gabin ne parlait pas encore. Juliette m’a regardé et a mimé des gestes qu’un enfant ne peut pas connaître. Et elle me dit « Papa faisait ça » C’était un véritable cauchemar. »

La bataille judiciaire

Sylvaine porte plainte de nouveau après ces révélations concernant Gabin. Le 30 mai 2019 a lieu le procès. Sylvaine se souvient : 

« C’est comme si on m’arrachait le corps à la pince à épiler. J’ai appris d’autres faits. Lui, il pleurait, ça rendait les choses encore plus difficiles, ça devenait pathétique. On était là pour les enfants, il fallait rester dignes pour eux, que justice soit faite pour eux, qu’ils soient reconnus comme victimes. Sa peine est finalement tombée : 2 ans de prison ferme (bracelet électronique) avec des dommages et intérêts, une inscription au fichier des criminels sexuels, interdiction de travailler avec des enfants, de nous approcher, injonction de soin psychologique et psychiatrique. »

L’importance de la prévention

Aujourd’hui Sylvaine et ses enfants ont repris leur vie. Les enfants sont tous deux suivis psychologiquement. La maman témoigne de son histoire dans son livre « Dénonce mon père » chez City Éditions. Elle souhaite adresser un message aux parents : 

« Ce qui a sauvé ma Juliette, c’est que je la prévienne ce qui pourrait éventuellement lui arriver. Je lui expliquais ce qu’était son intimité, que personne ne pouvait la toucher, etc. C’est ce qui a permis qu’elle ose me parler. C’est le message que je veux faire passer aux parents. Sans être dans la paranoïa, il faut dire aux enfants qu’ils ont un corps, que ce corps est à eux, qu’il faut le respecter, que personne n’a le droit de le toucher. Mai Lan Chapiron a fait une très belle vidéo sur ça. Les parents ont a disposition de nombreux outils pour prévenir les enfants, avec leurs mots, sans être trop cru. Il faut le faire : c’est ce qui a permis de sauver ma fille. Mes enfants vont bien aujourd’hui. »

La rédaction de La Maison des Maternelles