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J’ai retrouvé ma famille biologique

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Publié le 10.11.2021 à 15h33 
(mis à jour le 12.11.2021 à 15h18)

Gabriella est née à Bogota en Colombie il y a 25 ans. À l’âge de 4 mois, elle a été adoptée par un couple de Belfort. Mais, comme beaucoup d’enfants adoptés, elle a voulu connaître ses origines.

Une enfance heureuse

Gabriella a toujours su qu’elle avait été adoptée ainsi que son frère Julien, arrivé 9 mois après elle. Ses parents lui ont toujours dit la vérité sur son histoire : 

« Mes parents nous racontaient souvent avec mon frère le jour où ils nous avaient accueillis, que toute la famille était là, que tout le monde nous attendait avec beaucoup d’impatience. »

Gabriella grandit dans une famille soudée. Elle a une enfance heureuse :

« Je pense qu’on était un peu le cliché de la famille parfaite : il y avait mon père, ma mère, mon petit frère et nos deux goldens... Je n’ai jamais manqué de rien. On a grandi entre Paris et la campagne, on partait en vacances. »

C’est lors d’un cours sur l’hérédité en SVT au collège que Gabriella a un premier déclic :

« Le soir, je me suis demandée à qui je ressemblais. Je n’avais pas ces réponses. Mes camarades de classe eux savaient à qui ils ressemblaient dans leur famille. »

La recherche de ses origines 

Dès lors,Gabriella a l’envie de connaître ses origines. Elle en parle avec ses parents, la parole est libre sur ce sujet dans la famille. Elle commence sa quête à ses 18 ans car il faut être majeure pour avoir accès à son dossier d’adoption :

« 3 jours après mon anniversaire, fin novembre 2013, j’ai pris contact avec les services sociaux colombiens. Le 23 décembre 2013, j’ai reçu un dossier de 8 pages qui retraçait mon histoire, par mail. Je l’ai imprimé et j’ai attendu d’être avec mon père pour le lire, je ne voulais pas le lire toute seule. Dans ce dossier, il y avait son nom, son prénom, une photo d’elle de l’époque. »

Le dossier précise que la mère biologique de Gabriella a dû l’abandonner car à sa naissance elle était très jeune et manquait de ressources. Gabriella peut enfin mettre des mots sur son histoire. 

Un contact par Facebook avant la rencontre

Parallèlement, un détective des services sociaux colombiens tente de retrouver sa mère biologique, en vain. Il annonce à Gabriella que sa mère a disparu, qu’elle est probablement décédée. Mais Gabriella, convaincue que sa mère est toujours en vie :

« J’étais intimement convaincue qu’elle n’était pas partie. Elle m’avait eu à 17 ans, donc elle avait à l’époque où je la cherchais 35 ans à peu près. Je n’y croyais pas, je ne pouvais pas me dire que ça allait s’arrêter là. »

Gabriella décide alors de chercher sur Facebook, ayant son nom, son prénom, sa ville. Au bout de 10 jours, elle trouve 2 profils qui correspondent, dont 1 qui lui semble être sa mère biologique et qu’elle décide de contacter :

« Je voulais respecter sa volonté ou non de rentrer en contact avec moi, j’ai donc décidé de l’ajouter en amie. Ainsi, je me suis dit qu’elle allait me reconnaitre en voyant ma photo. Elle m’a acceptée comme amie. Une semaine est passée, je n’ai pas eu de message. J’ai donc décidé de lui envoyer un message en lui disant que je ne savais pas par où commencer, que je ne savais même pas si elle savait qui j’étais. Elle m’a répondu : « Non, je ne sais pas qui vous êtes ». Ca a été un choc pour moi car je me suis dit qu’elle ne savait pas qui j’étais alors qu’elle m’avait donné la vie. Je lui ai dit : « Je suis née le 29 novembre 1995 à Bogota » Elle m’a répondu tout de suite : « Je sais qui tu es, j’ai beaucoup pensé à toi à tes anniversaires, je suis retournée à l’orphelinat plein de fois, j’ai regretté ma décision mais c’était trop tard ». C’était une machine à laver de sentiments. »

Quelques temps plus tard, en juillet 2014, Gabriella décide de partir à Bogota, où elle a pu rencontrer sa famille biologique, notamment sa soeur, avec qui elle a lié une forte relation.

La rédaction de La Maison des Maternelles