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« J’ai fait une grossesse extra-utérine »

Publié le 16.02.2021 à 10h20 
(mis à jour lundi dernier à 08h19)

Amandine est la maman de deux enfants : une petite fille de 3 ans et un garçon de 5 mois. Avant ces deux grossesses, la jeune femme a vécu une grossesse extra-utérine. Elle revient sur son histoire pour LMDM.

À l’été 2016 Amandine tombe enceinte. Quelques jours après la confirmation de sa grossesse la jeune femme constate quelques petits saignements. Elle consulte son médecin qui lui propose de surveiller son état en réalisant des prises de sang toutes les 48 heures. Cela va permettre de vérifier le taux HCG (qui est censé doubler toutes les 24 à 48 heures au début d’une grossesse. Amandine fait alors 3, 4 prises de sang comme elle se souvient :

« Les taux baissaient un peu mais ils n’étaient pas en chute libre. Cela a interpelé mon médecin traitant. Parallèlement, une nuit je suis réveillée par une contraction. Enfin je suppose alors que c’est ça. On conclut donc avec mon médecin que c’est une fausse couche et qu’il faut surveiller en passant une échographie. »

« Ils ont fini par envoyer une ambulance »

L’échographie se passe mal. L’échographiste annonce à Amélie qu’elle n’a jamais été enceinte et qu’elle affabule sa grossesse. Selon lui elle a « un utérus rétroversé et des kystes aux ovaires ». La jeune femme accuse le coup. Elle reste sur le diagnostic de la fausse couche et prend rendez-vous avec sa gynécologue pour avoir son aval pour tenter à nouveau de tomber enceinte. La spécialiste lui donne son feu vert. Malheureusement l’état d’Amélie va empirer :

« J’ai commencé à sentir une lourdeur à droite, j’ai mis ça sur le compte des kystes. Et un soir je rentre pliée en deux, je marchais comme une petite vieille. Je prends une douche mais ça ne va pas mieux. Je me couche, aucune amélioration, je me lève et je fais une syncope. J’appelle alors le SAMU. Cela fait 6 semaines que j’ai fait la prise de sang révélant la grossesse. Le SAMU me dit : "Je n’envoie pas quelqu’un pour ça, il faudra consulter ce sont des douleurs dues à la fausse couche." J’ai rappelé et j’ai insisté, ils ont fini par envoyer une ambulance. »

Aux urgences gynécologiques, comme avec le médecin traitant ou l’échographiste, personne n’arrive à poser un bon diagnostic sur le mal-être de la jeune femme :

« La première infirmière que je vois me dit que c’est le retour de couche, qu’il suffisait de prendre du Spasfon ça aurait éviter une consultation en pleine nuit. Je n’ai rien dit car je sais que les urgences c’est compliqué, il y a beaucoup de choses à gérer. Je me suis donc assise par terre, attendant que l’interne se réveille. Finalement, une externe me fait une écho mais ne voit rien. »

Le pronostic vital engagé

C’est finalement l’interne qui va détecter la grossesse extra-utérine, juste à temps…

« Il a mis 2 secondes à localiser le problème. Il a appelé l’équipe en criant : "Code rouge !" À ce moment-là je fais une hémorragie avec le pronostic vital engagé et je pars en syncope. On m’a donc très vite transférée au bloc et on n’a pas pu sauver ma trompe droite, elle s’était rompue. »

Quand elle se réveille la jeune femme est sous le choc. Va alors venir le temps des questions : Vais-je pouvoir avoir un enfant ? Est-ce trop risqué ? Amandine va donc patienter et se faire suivre psychologiquement avant d’essayer d’avoir un bébé :

« On m’a demandé d’attendre 2 ou 3 cycles et j’ai attendu aussi que psychologiquement je me sente bien, je ne voulais pas que ça soit un bébé pansement. J’ai fait un suivi psy pour ne pas trop projeter de choses sur mon futur bébé. Puis je suis retombée enceinte facilement. J’étais étonnée, n'ayant plus qu’une trompe. »

La rédaction de La Maison des Maternelles