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« J'ai fait 13 fausses-couches »

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Publié le 07.01.2020 à 17h32 
(mis à jour le 09.01.2020 à 11h30)

Lorsqu’une femme fait plus de trois fausses couches consécutives, on parle de fausses couches à répétition. Laetitia, qui a connu 13 fausses-couches avant de donner naissance à sa fille, témoigne pour LMDM.

Si faire une fausse couche est une expérience douloureuse, il arrive malheureusement qu’une femme connaisse plusieurs fausses couches successives. C’est le cas pour 2 à 5% des femmes. On parle de fausses couches à répétition lorsqu’une femme de moins de 40 ans, enceinte avec le même partenaire, fait 3 fausses couches consécutives avant 14 semaines d’aménorrhée.

Est-ce dangereux ? 

Le docteur Thierry Harvey, chef du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital des Diaconesses à Paris, nous éclaire sur ce phénomène :

« Ce qu’il faut savoir c’est qu’à partir de 3 fausses couches, le risque d’en refaire une autre augmente à chaque fois. Le fait d’en faire de façon rapprochée n’est pas un problème en soi. Ce qui peut poser problème, ce sont les curetages [opération qui consiste à nettoyer avec une curette l’utérus, NDLR]​. On essaye de ne pas faire trop d’aspiration afin de ne pas abîmer la muqueuse utérine. »

C’est ce qui est arrivé à Laetitia, qui a connu 13 fausses couches consécutives avant la naissance de sa petite Lyana. Un véritable parcours du combattant difficile à vivre physiquement, mais aussi moralement 

« Quand j’ai été hospitalisée pour le curetage lors ma douzième fausse-couche, je voyais des femmes enceintes qui passaient, je regardais mes pieds, je n’arrivais pas à m’arrêter de pleurer. J’ai entendu un monitoring avec un cœur qui battait bien fort… pendant que moi j’attends l’écho pour confirmer que c’est arrêté. C’était très long et très dur. Je n’aimais pas ce que je ressentais : devenir jalouse des femmes enceintes, même de mon entourage qui annonce des grossesses… Ce n’était pas vraiment moi, on devient presque aigri. »

Quelles sont les causes ? 

Quand ces fausses couches consécutives ont lieu, on peut demander des tests afin d'en chercher les causes. Le docteur Thierry Harvey fait le point sur les examens possibles : 

« Nous allons tout d’abord vérifier s’il y a une anomalie chromosomique. Après 3 fausses couches, on fait un caryotype [le caryotype est une technique qui permet de visualiser les chromosomes d'un individu, NDLR]​​​​. Ensuite, on va regarder la muqueuse utérine et la forme de l’utérus pour vérifier qu’il n’y ait pas de malformation ou une infection. Nous allons aussi vérifier que la mère n’a pas de problèmes de thyroïde ou du diabète. Enfin, on va faire le point sur l'environnement de la mère. Par exemple, si elle habite dans un endroit très pollué. »

Après sa treizième fausse couche, Laetitia peut enfin poser un diagnostic expliquant ses fausses couches à répétitions : 

« J’étais suivie à Poissy, où ils ont analysé mes ovules. Ils ont vu que sur treize ovocytes, il y en avait onze qui avaient des problèmes chromosomiques. Ça expliquait en partie que mes embryons n’étaient pas viables. Ils m’ont parlé d’insuffisance ovarienne précoce. »

Laetitia se tourne alors vers une FIV avec don d'ovocyte. Un parcours PMA compliqué pour la jeune femme mais qui portera ses fruits : Leatitia tombe enceinte, et malgré une grossesse pleine d'angoisses, elle donne finalement naissance à sa petite fille Lyana, aujourd'hui agée de 3 mois, après 5 ans de combat pour devenir mère.

La rédaction de La Maison des Maternelles