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J’ai failli mourir en accouchant

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Publié le 19.10.2021 à 14h56 
(mis à jour le 12.11.2021 à 15h20)

Camille aurait pu perdre la vie en donnant naissance à sa fille Chloé : elle nous raconte son histoire.

Césarienne code rouge

En France, l’embolie amniotique est la deuxième cause de décès maternel à l’accouchement, après l’hémorragie de la délivrance. Le liquide amniotique passe dans le sang, provoquant la défaillance de nombreux organes pour la mère. Un phénomène rare mais grave.

C’est pour la naissance de son deuxième enfant que Camille a fait une embolie amniotique, alors qu’elle était en train d’accoucher. Alors que sa grossesse se déroule normalement, Camille est déclenchée à 39 semaines d’aménorrhée, en raison du poids de son bébé. L’accouchement suivait son cours jusqu’à la rupture de la poche des eaux. Camille a alors vu son état général se dégrader rapidement :

« Très vite je suffoque, comme si on m’étranglait. La sage-femme s’en rend compte, elle m’allonge et me met un masque à oxygène. Elle appelle toute l’équipe médicale. Ils arrivent à 8 dans la chambre. Le monitoring n’en finissait plus de baisser, j’étais à 6 de tension, ma fille aussi et mon ventre était tout dur à cause d’une contraction constante. »

Le pronostic vital de la maman engagé

Camille est emmenée au bloc opératoire pour une césarienne d’urgence. Elle aperçoit tout juste sa fille Chloé, mais son état continue de se détériorer un peu plus et alors qu’il referme l’incision, le gynécologue-obstétricien découvre une hémorragie. Camille est placée sous anesthésie générale car ses constantes chutent :

« J’ai perdu 5 litres de sang sur les 6 litres et demi que notre corps contient. En dernier recours, ils ont décidé de m’ôter l’utérus, une hystérectomie et à ce moment-là, l’hémorragie s’est arrêtée et mes constantes sont remontées un peu. J’étais stabilisée. »

Après l’hystérectomie, Camille part en réanimation. Son pronostic vital est toujours engagé car Camille a subi une grosse transfusion, que son corps peut, tout comme une greffe, rejeter. Thomas, son mari, témoigne :

« Quand je suis parti on m’a demandé concrètement de garder mon téléphone car ils ne pouvaient pas s’avancer sur l’état de Camille, le pronostic vital était toujours engagé. J’ai vécu la pire nuit de ma vie. »

Réapprendre à vivre

Finalement, l’état de Camille se stabilise. Après plusieurs jours, elle et Chloé rentrent à la maison. Plusieurs séances avec une psychologue ont aussi été nécessaires à Camille pour qu’elle puisse dépasser ce traumatisme et vivre pleinement sa vie de famille.

« J’ai été suivi par une psychologue pour faire le deuil de la maternité sous toutes ses formes. On est très chanceux d’avoir 2 enfants, même si on aurait aimé un 3ème… Mais c’est surtout que j’avais l’impression qu’on m’avait retiré, d’une façon imagée, la « maison » qui avait créé mes enfants... Ça a été dur pour moi. »

La rédaction de La Maison des Maternelles