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J'ai accouché de mes jumeaux à 4 mois d'écart

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Publié le 16.11.2021 à 16h12 
(mis à jour le 18.11.2021 à 11h08)

Lorsqu’Hélène accouche à 4 mois de grossesse, elle pense perdre ses 2 bébés. Mais son col se referme après le passage du 1er jumeau : elle donnera naissance à sa fille, en parfaite santé, 4 mois et demi plus tard.

L’épreuve de la fausse couche tardive

Après 2 ans de PMA, Hélène est enfin enceinte : elle attend des jumeaux. Mais à environ 3 mois et demi de grossesse, alors que tout semblait bien se passer, Hélène a des douleurs et des saignements. Elle se rend aux urgences gynécologiques :

« On me dit : « Il y a un problème, votre col est ouvert à 5 cm et une poche des eaux est engagée ». Je fais une fausse couche tardive, en gros je vais perdre mes bébés. Dans ma tête – et pour l’équipe – avec une poche engagée dans le vagin il n’y avait pas d’autre issue possible, surtout que la 1ère poche semblait fissurée. »

L’équipe tente tout de même de faire un cerclage pour maintenir la grossesse un peu plus longtemps : c’est un échec, et au terme actuel les bébés ne sont pas encore viables. Le lendemain, alors qu’Hélène se trouve aux toilettes, l'horreur se produit :

« Ça a été super soudain, j’allais à la selle et au moment de pousser, par réflexe c’est Axel qui a commencé à sortir. J’ai juste eu le temps de mettre ma main pour l’empêcher de sortir complètement et tomber... C’est atroce, la sensation sur les mains, je l’ai encore. »

Quand l’espoir revient

Emmenée en urgence en salle de naissance, Hélène accouche d’Axel, son premier jumeau, né sans vie à 17 semaines d’aménorrhée. Dans un accouchement gémellaire, la naissance du 1er bébé déclenche habituellement celle du second, mais pour Hélène, rien ne se passe :

« Le col s’était un peu refermé, miraculeusement. On nous parle alors d’une possibilité de regarder si le 2ème bébé est en forme et si c’est le cas de tenter de continuer la grossesse pour réussir à avoir un terme viable. Tout ça avec des pincettes de dingue, en disant que franchement ce n’était pas gagné, mais qu’on pouvait tenter. On a fait l’écho : Mathilde allait super bien, son cœur battait, elle bougeait bien, tout ce qui s’était passé ne l’avait visiblement pas atteinte. »

L’espoir renaît pour le couple, même si tout peut basculer à tout moment. Après 15 jours d’hospitalisation, le travail ne s’est toujours pas remis en route : Hélène rentre chez elle avec une surveillance rapprochée, puis son col est cerclé, avec succès cette fois :

« Chaque jour de passé était gagné, et on essaye de passer chaque stade de prématurité, on se met des objectifs à court terme pour arriver à tenir. Et puis ça progresse… Ce qui m’a aussi beaucoup aidée : une psychologue hypnothérapeute. C’est grâce à elle aussi que Mathilde est là. Chaque jour j’avais du mal à réaliser que la grossesse se poursuivait. »

Le miracle de l’accouchement en deux temps

Contre toute attente, et à la surprise de l’équipe médicale elle-même, Hélène atteint les 8 mois de grossesse, et tout va bien ! À 36 semaines d’aménorrhée et 3 jours, on lui retire son cerclage. Sa fille Mathilde naît le lendemain, en pleine forme :

« Je voulais quelque chose de naturel après toute cette médicalisation mais je demande finalement la péridurale sur le moment. Je demande quand ça fera effet : on me dit 10 à 15 minutes. Et là j’ai une poussée très forte : en fait, Mathilde était en train d’arriver ! Elle est sortie en 8 min, j’ai poussé 4 fois, et sans les effets de la péri ! Et elle était en pleine forme… »

Hélène et son conjoint profitent pleinement de leur nouvelle vie de parents, sans cacher à Mathilde son histoire :

« On est apaisés. On a vécu ces derniers mois en mode marathon, et là on est soulagés. J’ai parlé à Mathilde tous les jours pendant la grossesse, je lui ai expliqué que son frère était parti, que ce n’était pas de sa faute. Je ne lui en parle plus tous les jours maintenant, mais je ne lui cache rien. Je lui dis que c’est ma petite battante, et qu’elle est trop forte. »

Ce phénomène - appelé « accouchement différé de jumeaux » - est extrêmement rare, et la science peine encore à en déterminer les causes.

La rédaction de La Maison des Maternelles