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Ingestion d’une pile bouton : une réaction rapide « primordiale », indique la Haute Autorité de Santé

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Publié le 16.02.2022 à 11h55 
(mis à jour le 18.02.2022 à 10h21)

La Haute Autorité de santé (HAS) et la Société de Toxicologie Clinique (STC) publient aujourd’hui des recommandations sur la prise en charge d’un enfant ayant ingéré une pile bouton.

Les piles boutons ou piles plates sont omniprésentes dans notre quotidien : montres, clefs, télécommandes, jouets pour enfants… Ingérées, elles présentent un risque potentiellement mortel en raison de leur toxicité. Les enfants, en particulier les plus petits, sont les plus exposés à ce risque. En cas d’ingestion, il est primordial de réagir très vite. Bien que cette problématique ne soit pas récente et que des actions de santé publique aient déjà été menées pour sensibiliser les parents, on constate une augmentation en France des cas d’ingestion de piles de grand diamètre. Or, à ce jour, aucune recommandation française ne définit précisément la prise en charge des enfants ayant ingéré une pile bouton : les professionnels de santé apprécient seuls la situation de chaque enfant, ce qui peut induire une hétérogénéité des pratiques sur le terrain. C’est la raison pour laquelle le ministère des Solidarités et de la Santé a demandé à la HAS et à la STC des recommandations de bonne pratique sur ce sujet.

Au moindre doute : réagir sans attendre

Lorsqu’une pile bouton est ingérée, elle peut se bloquer dans l’œsophage et engendrer une brûlure locale dont la gravité augmente de manière importante au-delà de la deuxième heure. Agir rapidement est donc primordial. Le risque est majoré si la pile est de diamètre supérieur ou égal à 15 mm et lorsque l’enfant est âgé de 5 ans ou moins.

C’est pourquoi, les recommandations rappellent des messages clefs à l’attention du grand public.Tout d’abord, que chaque minute compte : il ne faut pas perdre de temps devant l’ingestion d’une pile bouton, que l’ingestion soit avérée ou simplement supposée. Dans ce cas, il est recommandé de laisser l’enfant à jeun sans tenter de le faire vomir et d’appeler le 15 ou un centre antipoison, afin de déclencher sans délai l’évaluation et la prise en charge adaptée de l’enfant.

Une prise en charge minutée pour éviter une issue potentiellement mortelle

Une fois l’enfant arrivé aux urgences ou dans un cabinet médical, une prise en charge sans temps mort doit s’enclencher. Elle est décrite dans les recommandations, à l’intention des différents professionnels pouvant être impliqués, en particulier professionnels de santé de premier recours, SAMU, centres antipoison, médecins des urgences, endoscopistes, anesthésistes et si besoin chirurgiens qui peuvent être amenés à intervenir.

La STC et la HAS rappellent qu’une pile bloquée dans l’œsophage est une urgence vitale. Outre les recommandations aux professionnels de santé, des actions de communication à destination du grand public seront prochainement déployées par la STC et la HAS.

Enfin, plus largement, la STC et la HAS s’adressent aux pouvoirs publics et leur préconisent notamment la mise en place d’une information auprès du grand public, des professionnels de la petite enfance, ainsi que des professionnels de santé sur les risques liés à l’ingestion d’une pile bouton. Elles recommandent également de travailler avec les industriels responsables de la mise sur le marché des piles boutons, y compris au niveau européen, pour favoriser la fabrication et l’utilisation de piles boutons d’un diamètre inférieur à 15 mm, mais aussi pour sécuriser les appareils fonctionnant avec ces piles.

La rédaction de La Maison des Maternelles