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« Il ne faut absolument pas boire d'alcool pendant la grossesse »

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Publié le 01.04.2019 à 19h27 
(mis à jour le 12.07.2019 à 15h02)

Pour l’épidémiologiste Catherine Hill, le business du vin et de l’alcool prime sur la santé des futures mamans.

Chaque jour, en France, 1 enfant naît avec des conséquences liées à la consommation d’alcool de sa mère pendant la grossesse. L’agence Santé publique France a publié un rapport, en septembre 2018, dans lequel elle indique qu’un bébé, chaque semaine, vient au monde en étant porteur d’un syndrome d’alcoolisation fœtale. Il peut alors présenter des anomalies physiques ou de neuro-développement. 

Catherine Hill est épidémiologiste à l’institut Gustave Roussy. Elle dénonce un manque d’informations de la part des autorités publiques et de l’industrie des spiritueux. 

LMDM– Quels sont les risques pour le bébé si la maman boit ?

Catherine Hill- Les enfants qui ont été exposés à l’alcool pendant la grossesse, naissent souvent avec une dysmorphie faciale, un faciès particulier. Ensuite, ils ont des problèmes de développement. Ce sont des enfants très difficiles, très compliqués. C’est pour cela qu’il faut absolument ne pas boire d’alcool pendant la grossesse. 

Même pas un petit verre de temps à temps ?

Les dégâts commencent dès le premier verre. Bien sûr, avoir trempé ses lèvres dans une coupe de champagne au cours d’une grossesse, ne fera rien du tout. Car plus la dose est faible, plus le risque est faible. Mais la sécurité veut que l’on dise, en France : pas d’alcool pendant la grossesse !

Y-a-t-il un manque de prévention ?

Je pense que les femmes ne sont pas assez informées. On s’en rend compte, par exemple, lorsque l’on demande, lors d’un dîner en ville, aux gens de trouver le logo sur la bouteille (NDLR : logo qui informe que les femmes enceintes ne doivent pas boire). Logo, que j’ai mesuré, et qui fait entre 4 et 6 millimètres, et dont l’industrie de l’alcool propose, généreusement de multiplier sa taille par deux. Ce qui fera 8 millimètres ou 12 millimètres. Ce qui est très insuffisant. 

Cette situation vous inquiète ?

Ce n’est pas normal que la santé ne prime pas sur le business. Ce n’est pas normal que ce soit l’industrie de l’alcool qui finance la prévention de l’alcool. Cela n’a aucun sens. Il faut arrêter de penser que l’on doit négocier avec les marchands de vin sur la quantité d’informations qu’il faut donner aux femmes enceintes. C’est juste scandaleux !

La rédaction de La Maison des Maternelles