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« Il n’y a aucun argument pour fermer les maisons de naissance »

Publié le 13.01.2020 à 11h58 
(mis à jour le 13.01.2020 à 15h21)

Depuis 2016, huit maisons de naissance sont expérimentées en France. Bilan sur l’activité de ces établissements avec Anne Chantry, sage-femme et épidémiologiste.

L’heure du bilan a sonné pour les huit maisons de naissance ouvertes en 2016 en France. Testées à titre expérimental jusqu’à fin 2020, une récente étude dresse un premier état des lieux de cette expérience. 

Pour rappel, une maison de naissance permet des accouchements sans hospitalisation dans le respect de la physiologie. La femme enceinte y est suivie par la même sage-femme durant la grossesse, l’accouchement et les suites de couches. Ces maisons garantissent une prise en charge personnalisée et privilégiée. 

Cependant, pour des raisons de sécurité évidentes, seules les grossesses à bas risques peuvent être suivies dans les maisons de naissance. 

8 établissements en France

On dénombre huit maisons de naissance sur tout le territoire et en outre-mer.

CARTE MAISONS DE NAISSANCE

Ces établissements sont peu nombreux en France tandis que dans d’autres pays, ces lieux sont beaucoup plus répandus. Il y a plus de 150 maisons de naissance aux États-Unis, 169 au Royaume-Uni, une centaine en Allemagne ou encore 25 en Suisse.

Un premier rapport dresse un bilan satisfaisant

Un premier rapport mené sur 649 dossiers tire un premier bilan positif. Ainsi, les maisons de naissance françaises ont des résultats comparables à ceux d'autres pays. Les complications maternelles sont peu, voire très peu fréquentes et il y a une très faible fréquence d’intervention. 

Anne Chantry, sage-femme et épidémiologiste qui a dirigé ce rapport, explique : 

« Le but de ce rapport était d’apporter des éléments scientifiques pour montrer la qualité des soins et la sécurité dans ces établissements. Les sages-femmes dans les maisons de naissance veillent à ce que le risque zéro soit appliqué. Effectivement, en cas de complication pour la femme enceinte, elle est transférée dans la maternité partenaire. 22% de femmes ont donc été transféré afin de ne prendre aucun risque. »

La fin de l'expérimentation arrivant pour novembre 2020, le gouvernement, les administrations et les parlementaires devront décider de l'avenir pour ces maisons de naissance. En attendant, lorsque l'on demande à Anne Chantry si, selon elle, les maisons de naissance doivent perdurer ou non, sa réponse est claire :

« Nous, ce qu'on a montré, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a aucun argument pour les fermer ! »

 
La rédaction de La Maison des Maternelles