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Hyperfertilité : les réponses d'une gynécologue

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Publié le 02.04.2019 à 14h44 
(mis à jour le 19.04.2019 à 12h07)

Certaines femmes accumulent les grossesses, avec ou sans moyen de contraception. Peut-on alors parler d’hyperfertilité ? Notre expert, le docteur Marie-Laure Brival nous éclaire sur ce sujet.

La fertilité est variable d’une femme à l’autre. Au-delà de ces variations individuelles, elle est maximale vers 20 ans et va ensuite diminuer progressivement jusqu’à 35 ans avant de devenir nulle vers 45 ou 50 ans, selon l’Institut national d’études démographiques (Ined). 

Théoriquement, une femme peut, dans sa période de fertilité, tomber enceinte tous les mois, à chaque cycle ovulatoire. Mais selon les lois de probabilités, elle a naturellement une chance sur 4 d’être enceinte à chaque fois. 

Pour certaines cependant, ces probabilités sont nulles. C’est le cas d’Adeline, maman d’Eva, de Malvina et d’Adam, qui est tombée enceinte sept fois. Dont cinq fois alors qu’elle ne le désirait pas et qu’elle prenait un moyen de contraception :

« C’est un sujet très compliqué à aborder quand on sait que beaucoup de femmes ont du mal à tomber enceinte, témoigne la maman. J’achetais des packs de tests de grossesse sur internet car ça coûtait moins cher, et parce que j’avais honte d’aller à chacun de mes cycles en chercher à la pharmacie. Je faisais un test quand je savais que j’avais écarté la prise de la pilule d’une heure, c’était l’angoisse. Dès que j’avais du retard je ne faisais pas un seul test, j’en faisais 2, 3... Jusqu’à ce que mes règles arrivent. »

La notion d’hyperfertilité est utilisée pour parler de femmes particulièrement fécondes qui ont des ovules résistants, et un fonctionnement interne très propice à recevoir une grossesse.

« L’hyperfertilité associe le fonctionnement physiologique parfait, le climat parfait, et l’appareil génital parfait (pas de fibromes, pas de trompes bouchées…), rappelle le docteur Marie-Laure Brival. Quand on parle d’hyperfertilité, on parle aussi du couple : l’homme a un spermogramme particulièrement efficient, et la femme ovule correctement. Il faut ces deux conditions réunies. »

Parfois, cette fertilité peut également être le fait d’un moyen de contraception qui est mal adapté, ou qui fonctionne moins bien, comme l'explique la gynécologue :

« On tourne toujours autour de 99% et quelques d’efficacité, [pour la pilule, NDLR]. Les femmes qui ont un fonctionnement physiologique extra et celles qui se retrouvent enceintes sous contraceptifs, ce sont celles qui sont dans le petit 1% d’échec. »

Alors quels sont les moyens de contraception à préférer si l’on est très féconde ? Il existe évidemment d’autres recours, moins irréversible qu’une ligature des trompes ou une vasectomie. Marie-Laure Brival conseille de se tourner vers les contraceptifs de longue durée d’action : l’implant sous cutané, qui est valable trois ans. On peut également opter pour le stérilet hormonal.

La rédaction de La Maison des Maternelles