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Hyperactivité : la déceler et la traiter

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Publié mardi dernier à 15h49 
(mis à jour jeudi dernier à 12h17)

Pr Bruno Falissard, pédopsychiatre à l’hôpital Robert Debré à Paris, répond à toutes nos questions sur le TDAH.

Un enfant TDAH peut réellement souffrir à l’école, surtout quand le diagnostic est tardif. Que faut-il mettre en place pour la scolarité de ces enfants ?

Pr Bruno Falissard : Il faut le dire à tout le monde : ça n’a rien à voir avec le fait que l’enfant soit mal élevé. Il faut sortir des idées reçues : il y a des enfants différents, et l’on a le devoir de les accepter comme ils sont. Il faut s’adapter : ne pas leur donner des activités trop longues. Les faire venir devant au lieu de les mettre au fond de la classe. Il existe également des coussins spéciaux qu’on peut donner à ses enfants pour une meilleure concentration. Plus le TDAH est grave, plus on va faire appel à la médecine.

Quels sont les premiers signes qui doivent alerter les parents ? 

C’est assez compliqué, car on ne va pas scruter ses enfants quand ils sont petits. Des enfants bougent : vive la vie ! Après, quand ils bougent et que ça met le bazar partout, ils vont commencer à se faire détester, ils vont être malheureux. Le problème, c’est que l’enfant devienne malheureux, pas qu’il bouge. Quand on constate que son enfant a du mal à vivre en société, à être accepté par les autres, par l’école, c’est là qu’il faut s’inquiéter, car si ça continue comme cela ça risque d’empirer.

Je suis la maman de 2 enfants dont le fils aîné est TDAH. Sa petite sœur a tendance à imiter les symptômes de son frère. Quels conseils pouvez-vous nous donner ? 

C’est classique que ça touche la fratrie. La fratrie paye toujours les pots cassés. Elle se dit sûrement que si le frère fait du bazar, elle va en faire aussi, comme ça on va s’occuper d’elle, comme son frère qui a toutes les attentions. Il faut prendre du recul, lui dire que oui, on sait que c’est difficile pour elle, qu’on l’aime et qu’on est avec elle, mais qu’il faut qu’elle s’investisse aussi. Les parents sont souvent surbookés par l’enfant qui a des problèmes et c’est difficile à gérer pour la sœur.

Comment le TDAH est diagnostiqué ?

On diagnostique une maladie. Pour moi, le TDAH, c’est une différence. C’est une spécificité : mon corps a besoin de bouger, en permanence beaucoup, et mon esprit à besoin d’aller tout le temps partout. Je vais être curieux, créatif, etc. C’est bien. Mais si je dois rester assis en classe, ou être dans la cour de récréation, ça va pas le faire. Il faut voir un panorama global, comprendre la différence des enfants. Après, il y a des « symptômes » spécifiques : impulsivité, déficit de l’attention, hyperactivité. Ça, c‘est un diagnostic clinique.

À partir de quand le traitement est-il proposé pour un enfant TDAH ? 

Officiellement, le traitement ne peut être donné qu’à partir du CP, en théorie. C’est un médicament qu’on connaît depuis longtemps, on a du recul. Ce n’est pas un calmant mais un stimulant, ça ne rend pas les enfants apathiques. Après, c’est un médicament qui agit sur le cerveau d’un enfant en croissance, ce n’est pas à prendre à la légère. On prescrit le médicament au moment où l’on ne peut plus faire autrement. Si l’enfant souffre trop, qu’il s’effondre à l’école, que les parents n’en peuvent plus, voire, deviennent violents : ça ne peut pas continuer, donc oui, on prend le médicament.

La rédaction de La Maison des Maternelles