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Homoparentalité, et alors ?

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Publié lundi dernier à 18h05 
(mis à jour lundi dernier à 18h21)

Emmanuel Gratton est psychologue, sociologue clinicien, enseignant chercheur et maître de conférences à l'Université d'Angers, il répond à nos questions sur l’homoparentalité.

LMDM- Les enfants se rendent-ils compte qu’ils ont une famille "différente" ? À partir de quel âge en prennent-ils conscience ? 

Emmanuel Gratton : Les enfants se rendent compte que leur situation familiale est différente de celles des autres à l’école la plupart du temps, en discutant avec les autres élèves. Ca dépend des enfants mais vers 4, 5 ans, l’enfant prend conscience qu’il est dans une famille un peu différente. Il peut y avoir quelques moqueries au primaire, parfois au collège, mais les enfants apprennent à se défendre.

Qu’observez-vous comme tendance dans la répartition des tâches parentales au sein des couples de même sexe ? 

La répartition se fait naturellement en fonction des goûts et des compétences de chacun. Dans un couple hétérosexuel, les taches sont souvent un peu assignées. Dans un couple homosexuel, la répartition va se faire autrement. Il peut y avoir au bout d’un certain temps une répartition des rôles qui s’établit. Parfois il faut négocier un peu.

Existe-t-il des études sur l’homoparentalité et son influence sur la trajectoire développementale de l’enfant ? 

Oui il y a eu de nombreuses études depuis une trentaine d’année. Deux français, Olivier Vecho et Benoît Schneider ont compilé toutes les études publiées sur le sujet. Conclusion : aucune ne permet de dire qu'il y a plus de problèmes chez les enfants élevés dans un contexte homoparental. 

Est-ce courant que les couples gardent contact avec la mère porteuse ? 

D’une manière générale, les hommes projettent un lien étroit avec la mère porteuse avant la conception, pendant la grossesse et même après la naissance. Avant la conception, les personnes choisissent un profil et ce de manière réciproque. S’ensuivent des rencontres pour construire le projet et s’accorder. Une certaine intimité doit s’établir lorsque les essais commencent. L’opération est parfois répétée car la fécondation, même artificielle, ne réussit pas toujours. Le couple gay comme la mère porteuse – et parfois sa famille – partagent donc une sorte d’histoire commune qui, si elle n’est pas censée être pérenne, n’en est pas moins une aventure. 

Qu’il s’agisse d’une PMA, GPA ou d’une adoption, quand et comment parler de ses origines à un enfant ? 

En général, les choses se font naturellement dans les familles. Il n’y a pas un âge précis. Les parents répondent aux questions de leurs enfants. Chaque enfant est différent. Certains enfants peuvent ne pas vouloir en parler à certains moments. C’est aux parents de rester disponibles. Dans ces familles, les parents ont une attention particulière sur ce sujet. On n’a pas noté de difficulté particulière en la matière. 

La rédaction de La Maison des Maternelles