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Harcelée au travail pendant ma grossesse

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Publié mercredi dernier à 16h08 
(mis à jour mercredi dernier à 16h24)

Alexandra a subi le harcèlement de ses collègues et supérieurs alors qu'elle était enceinte. Elle témoigne pour LMDM.

L'annonce de la grossesse : un tournant

Aucune loi n’oblige une femme à annoncer sa grossesse à son employeur. En revanche, une fois que la grossesse est confirmée, l’employeur ne peut pas licencier une salariée enceinte, pendant sa grossesse et jusqu’à 10 semaines après son retour de congé maternité. 

Lorsqu’Alexandra découvre sa grossesse, elle est loin d’imaginer que l’annonce à ses employeurs marquera un tournant dans ses relations avec ses patrons. Jusque-là l’ambiance était bienveillante, raconte la jeune femme :

« Je leur annonce à un mois et demi de grossesse, sauf que je comprends très vite que ça va les embêter. Elles réagissent assez froidement, elles me félicitent mais elles ne sautent pas de joie. En plus, au moment où je l’annonce, des collègues passent dans le couloir et mes directrices se permettent de leur dire. Je demande que la nouvelle ne soit pas plus ébruitée. »

La dégradation des conditions de travail

Selon les conventions collectives, une salariée enceinte peut bénéficier d’un aménagement du temps de travail, avec des temps de pauses supplémentaires et un aménagement des conditions de travail si les charges du poste ne sont pas adaptées à l’état de grossesse. 

Personne n’informe Alexandra que sa convention collective prévoyait alors deux pauses de trente minutes par jour. Pire, ses supérieurs la mette dans un bureau plus petit où Alexandra peut à peine bouger, lui mettent la pression, et augmentent sa charge de travail :

« Avant la grossesse, je ramenais parfois du travail à la maison mais c’était rare. Là, on commence à me mettre une pression. Le ton commence à monter : on me reproche de ne pas être organisée, que j’aurais dû avertir la direction si je ne pouvais pas m’organiser. Je rentre chez moi tard, je fais du 9-20h. »

Une grossesse qui passe au second plan

Cette atmosphère empêche Alexandra de profiter et de s’investir dans sa grossesse. Elle perd confiance en elle et se remet en question :

« Je ne rentre pas dans ma grossesse. J’en suis convaincue, ma fille ne voulait pas déranger. Le ventre est sorti vers 7-8 mois. J’avais l’impression de ne pas être enceinte. »

Jusqu’au jour où les supérieurs d’Alexandra lui annonce qu’elle sera remplacée par une personne en CDI et qu’à son retour de congé maternité, ils garderont la meilleure des deux. Alexandra va alors craquer :

« À ce moment-là, je commence à perdre pied : j’ai fait un burn-out. Mon conjoint et ma mère m’ont poussée à m’arrêter, je n’étais plus capable de rien. Après mon départ, je n’ai eu aucun message des collègues pour savoir si j’allais bien. »

Le médecin arrête Alexandra qui ensuite démarre son congé maternité. La future maman décide de se consacrer enfin à sa grossesse. L’accouchement d’Alexandra se passe bien. Elle décide de chercher un autre travail, alors qu'elle est en congé maternité. Une situation compliquée à gérer mais une décision qu'elle ne regrette pas, aujourd'hui épanouie dans son nouveau travail :

« Aujourd’hui j’ai trouvé un bon travail, avec des collègues sympathiques. Le chercher pendant mon congé maternité, ça n’a pas été facile, mais il était impensable que je revienne dans l'ancien. »

La rédaction de La Maison des Maternelles