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Grossesse tardive, quels sont les risques ?

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Publié mardi dernier à 16h09 
(mis à jour mercredi dernier à 11h57)

Le professeur Michaël Grynberg, gynécologue obstétricien et médecin de la reproduction à l’hôpital Antoine Béclère à Clamart revient pour LMDM sur les risques d’une maternité tardive.

LMDM- Y a t-il beaucoup de femmes de 50 ans qui viennent vous voir pour essayer d’avoir un enfant ?

Professeur Michaël Grynberg - Beaucoup non, mais de fait nous avons des demandes qui au début auraient pu paraître un peu délirantes. Parce qu’on a des femmes qui viennent autour de 48, 49 ans et qui n’ont jamais eu la possibilité d’avoir une grossesse pour tout un tas de raisons et qui se disent : « C’est maintenant ou jamais ! »

De fait ces femmes ne pourront jamais avoir de bébé ?

Moi je leur explique qu’il y a des endroits à l’étranger où elles pourront essayer de concevoir un enfant. En Espagne c’est possible par exemple jusqu’à l’âge de 50 ans. Mais il faut aussi expliquer à ces femmes que la conception se fera par du don d’ovocytes. Car il faut savoir qu’avoir des enfants avec ses propres ovules à 45 ou 48 ans est compliqué. Et le don d’ovocytes dans certains pays comme la Grèce, l’Espagne, est possible jusqu’à 50 ans car la limite qui a été émise est celle de la ménopause.

Cela veut dire que le corps est capable de supporter une grossesse à 50 ans ?

Il le supporte mais il ne le supporte pas bien. On sait qu’après 45 ans il y a des gros risques obstétricaux qui sont pris pour la femme et pour l’enfant. Donc c’est du sur-risque médical.

Donc que dites-vous à ces femmes de 45, 48 ans qui viennent vous voir ?

Je leur explique les risques mais après leur choix est leur choix. Moi j’accepte de les accompagner à condition que l’on ne soit pas dans un truc totalement délirant.  

Comment faites-vous pour accompagner une femme qui a vécu plusieurs échecs de FIV ?

C’est difficile. Mais il y a un moment où il faut aussi savoir accompagner les gens pour qu’ils arrivent à mettre un stop à leur projet. Parfois le fait de les arrêter peut même les soulager et les libérer. Il ne faut pas forcément avoir peur de dire stop.

La rédaction de La Maison des Maternelles