france.tv

Grossesse et coronavirus : quels dangers pour la femme enceinte ? [vidéo intégrale]

3 min de lecture
Publié le 17.03.2020 à 15h53 
(mis à jour le 18.03.2020 à 16h28)

L’épidémie de coronavirus continue de sévir en France. Les femmes enceintes sont-elles plus à risque ? Quels signes doivent alerter ? Le gynécologue obstétricien Olivier Picone fait le point avec LMDM. 

Depuis ce mardi 17 mars, les français sont appelés à rester confiner chez eux. L’épidémie de COVID 19 continue de sévir. Le coronavirus est-il un danger pendant la grossesse pour l’enfant à naître ? Quels sont les signes qui doivent alerter ? Comment poursuivre son suivi de grossesse dans ces conditions ? Le professeur Olivier Picone, gynécologue obstétricien à l’hôpital Louis Mourier à Colombes, nous donne les dernières informations concernant la grossesse et le coronavirus. 

LMDM- L’épidémie de coronavirus continue de sévir en France. Quelles sont les dernières données concernant les femmes enceintes ? Sont-elles considérées comme des personnes à risque ?

Le Pr Olivier Picone :  Les femmes enceintes sont, effectivement, considérées comme des personnes à risque, surtout en fin de grossesse. Et particulièrement si elles ont une pathologie associée comme de l’obésité, du diabète, de l’asthme. Tout problème qui pourrait aggraver la situation. 

Pourquoi sont-elles plus à risque en fin qu’en début de grossesse ? 

En fin de grossesse, elles sont plus à risque de la même façon qu'en cas de grippe ou de pneumonie. Elles peuvent faire plus de formes graves car elles arrivent moins à ventiler. Avec le volume de l’abdomen qui augmente, elles sont plus essoufflées. 

Enceinte, comment faire en cas de fièvre ? À partir de quelle température devons-nous nous inquiéter ?

En cas de fièvre, on s’inquiète à partir de 38 degrés. Mais il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas que le coronavirus qui donne de la fièvre ! D’autres maladies peuvent être responsables. Si une femme enceinte a de la fièvre, il faut consulter son médecin. Mais afin de limiter tout risque, demandez une télé consultation. 

Les femmes enceintes étant obligées de travailler, comme les infirmières ou certaines puéricultrices, doivent-elles s’inquiéter pour leur bébé ? 

Il est vrai qu’en ce moment dans les secteurs médicaux ou d’aide à la personne, nous avons particulièrement besoin d’elles. Mais la décision leur appartient. Elles peuvent exercer en respectant obsessionnellement toutes les mesures de sécurités et d’hygiène. 

Quels sont les risques pour le bébé si la femme enceinte attrape le coronavirus ? Peut-il y avoir des risques de malformations ?

Ce que nous savons, à l’heure actuelle, c’est que le coronavirus n’est pas un virus qui se transmet au fœtus. Il y a peu de virémie chez la femme atteinte d’une coronavirus donc très peu de risque de transmission materno-fœtale. Le récepteur qu’utilise le COVID 19 pour entrer dans les tissus n’existe pas à l’intérieur du placenta. Il n’y a donc pas de risque dans l’action direct du virus. 

Le risque au premier trimestre de la grossesse, c’est que le virus peut provoquer des syndromes infectieux qui peventt mener à une fausse couche (de la même manière que tout risque infectieux grave). 

Le virus peut-il engendrer une prématurité ? 

Selon les données provenant de Chine, les publications disent qu’il y a un surcroît de cas de prématurité lié au virus. Mais à ce stade, nous ne savons pas s’il s’agit d’une prématurité induite parce que les patientes sont malades, ou de prématurité spontanée. 

Les données changent très rapidement. Il y a davantage d’études sur la femmes enceintes. Les risques de complications pulmonaires se confirment. Et tout syndrome infectieux peut engendrer une prématurité. 

Concernant les rendez-vous et suivi de grossesse, lesquels faut-il maintenir ? 

Pour l’heure, il faut reporter tous les rendez-vous qui sont jugés moins importants comme les cours de préparations à l’accouchement ou la rééducation du périnée. Ce genre de pratiques peuvent se faire en télémédecine.

Le suivi de grossesse peut se faire de cette façon-là, par téléphone, visio-conférence, etc. Exceptions faites selon les cas, si les patientes ont des grossesses à risque. 

Pour réaliser les échographies de la grossesse , le Collège Français d’Échographie Fœtale s’est prononcé favorable au maintien des examens échographiques. 

Mais nous devons nous organiser dans les cabinets de ville ou à l’hôpital pour avoir des créneaux plus long. Car les salles d’attentes ne doivent pas devenir des lieux à risque.

Quels conseils pouvez-vous donner aux femmes enceintes afin de ne pas stresser et ne pas céder à la panique ? 

Il faut avoir à l’esprit que oui, nous considérons que les femmes enceintes sont un peu plus à risque, mais que dans la majorité des cas, il ne se passera rien !

La grande majorité des femmes enceintes n’auront pas de complications.

Certaines qui ont quelques pathologies doivent être sous notre vigilance.

Et nous nous devons de pouvoir les prendre en charge dans les meilleures conditions. Et pour cela, respectons les mesures de confinements. Limiter la propagation permettra de ne pas surcharger davantage les hôpitaux. 

La rédaction de La Maison des Maternelles