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GPA : J’ai porté l’enfant de ma meilleure amie

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Publié le 28.09.2021 à 12h12 
(mis à jour le 06.10.2021 à 10h57)

Déjà mère de 2 enfants, Nathalie s’est lancée dans une aventure humaine extraordinaire avec un couple d’amis : alors que des raisons médicales les empêchaient d’envisager une grossesse, elle a porté leur bébé pendant 9 mois.

Rappel sur la GPA

La GPA (Gestation Pour Autrui) est une forme d’assistance médicale à la procréation dans laquelle une femme (dite « mère porteuse ») porte l’enfant d’un couple (dits « parents d’intention ») à qui il sera remis à la naissance. Cette pratique interdite en France n’est pas illégale en Belgique s’il s’agit d’une GPA non commerciale avec une porteuse dite « relationnelle ». C’est le cas de Nathalie, qui a un jour proposé à un couple d’amis proches de porter leur bébé, puisqu’il était impossible pour eux d’envisager une grossesse :

« On a invité les parents d’intention à la maison et on a lancé le sujet : je leur ai proposé : « Est-ce que ça vous dirait que je vous prête mon utérus ? », parce qu’en fait c’est ça ! »

Une fois la décision prise - en accord avec le conjoint de Nathalie – les deux couples ont passé divers examens médicaux et entretiens psychologiques au sein du service de PMA du CHU St Pierre à Bruxelles, où une équipe encadre ce type de projets. C’est après 2 échecs de FIV que Nathalie a enfin pu annoncer la grossesse aux parents d’intention :

« J’ai tout lâché, j’ai craqué ! Je leur ai téléphoné à tous les deux : c’est parti pour l’aventure. Il n’y a pas de mots... Qu’est-ce que j’étais heureuse ! »

Mère porteuse, bébé et parents d’intention : quels liens pendant la grossesse ?

Si la relation qui se construit entre porteuse et bébé pendant la grossesse peut questionner, Nathalie explique que son vécu et son attachement à l’enfant ont été tout à fait différents de ses grossesses précédentes :

« C’était très clair dans ma tête dès le départ. Quand j’allais chez la gynéco et qu’on voyait le bébé à l’écran je n’avais pas l’impression que c’était mon ventre qu’on voyait. J’avais l’impression d’être spectatrice de l’écho de mon couple d’amis. »

Elle a par contre mis en place avec les parents d’intention des rituels leur permettant de commencer à tisser des liens avec leur bébé in utéro :

« Ils ont enregistré une bande-son sur laquelle ils racontaient une histoire, je branchais des sortes d’écouteurs et tous les soirs je les posais sur mon ventre pour la passer au bébé. La maman était un peu stressée que le bébé ne reconnaisse pas sa voix à la naissance, donc ça les a rassurés. »

La naissance après une GPA : un passage de relai

Lors de la césarienne, Nathalie avait spécifiquement demandé que la rencontre entre le bébé et ses parents se fasse immédiatement :

« Je voulais que les parents soient là au bloc pour qu’ils aient le bébé dans les mains dès qu’il sort, moi ce n’était pas mon bébé, je ne voulais pas qu’on me le donne. »

Après avoir pris soin de leur fille pendant 9 mois, Nathalie a passé le relai aux parents d’intention avec beaucoup d’émotion :

« J’étais fort émue, c’était la fin de l’aventure en fait, un périple qui se terminait. Un mélange de bonheur, de soulagement... Je ne ressentais pas de tristesse mais je n’avais pas envie que ça s’arrête tellement c’est beau ! »

Une naissance qui sera abordée sans tabou avec cette enfant dont Nathalie est aujourd’hui la marraine. Son papa a pu la reconnaître à la maison communale (équivalent belge de la mairie) dès sa naissance, et sa maman est aujourd’hui en cours de procédure d’adoption.

La rédaction de La Maison des Maternelles