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GPA et coronavirus : le « cauchemar » des parents

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Publié le 23.04.2020 à 12h25 
(mis à jour le 23.04.2020 à 12h43)

Sonia et Christophe sont dans l’attente d’aller chercher en Ukraine leur enfant à naître, conçu par GPA. Pour l’instant les frontières avec l’Ukraine restent fermées et les futurs parents n’ont pas l’autorisation de s’y rendre.

Sonia et Christophe, un couple ayant recours à une GPA à l'étranger, étaient habitués à vivre les moments importants de la grossesse à distance. Ainsi, depuis le début, ils ont assisté à toutes les échographies via la visioconférence. Ils ont toujours maintenu le lien avec la mère porteuse grâce à des échanges réguliers sur les réseaux sociaux. Mais la fermeture des frontières, le confinement, et la naissance imminente du bébé sont aujourd’hui sources d’angoisse pour les parents et pour la mère porteuse, comme l’explique Sonia :

« La mère porteuse est stressée pour le devenir du bébé parce qu’elle me dit qu’il y a déjà pas mal de bébés qui attendent leurs parents en Ukraine. C’est une situation de stress pour elle comme pour nous. »

Le couple a pourtant effectué nombre de démarches pour pouvoir rejoindre la mère porteuse et assister à l’accouchement, comme le rappelle Christophe :

« Nous avons sollicité l’ambassade d’Ukraine, qui nous a dit que de leur côté, ils ne pouvaient rien faire sans un feu vert du ministère des Affaires étrangères. Et après 3 semaines de sollicitations du ministère, nous avons enfin eu une réponse vendredi soir (NDLR : le 16 avril 2020) qui nous indiquait qu’avec les mesures actuelles mises en place pour lutter contre le coronavirus, il n’était pas possible de faire suite à notre demande. »

Une situation très éprouvante au quotidien. Les parents ne dorment plus, sont très angoissés et redoutent presque l’arrivée au monde de leur bébé, prévue pour le 2 mai 2020.  :

« Alors que l’on attendait la naissance de notre enfant avec impatience aujourd’hui on redoute de l’apprendre avant d’avoir trouvé une solution pour nous rendre là-bas. C’est un cauchemar ! »

Si l’enfant de Sonia et Christophe doit naître alors que ses parents n’ont pu se rendre en Ukraine, le bébé se retrouvera dans une pouponnière créée pour l’occasion, raconte Sonia :

« La clinique qui nous suit a réquisitionné une grande pièce dans un hôtel qui fait office de pouponnière et qui se remplit de jour en jour. À ce jour, il y a une vingtaine de nouveau-nés qui sont pris en charge par des nounous qui s’occupent d’eux 24 heures sur 24. »

Le scénario, probable, de la pouponnière pour leur enfant, traumatise les futurs parents :

« Quand nous avons découvert les images de la pouponnière, nous avons pleuré. Puisque nos enfants, nos nouveau-nés, vont se retrouver avec des personnes que nous ne connaissons pas, que nous n’avons pas choisi. Qui laisserait son nouveau-né à une personne inconnue pendant peut-être des mois ? Sans savoir si les normes sanitaires sont respectées ? Sans savoir s’il est en danger ? C’est assez horrible… »

La rédaction de La Maison des Maternelles