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Faut-il intervenir quand les enfants se disputent ?

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Publié le 25.06.2020 à 17h55 
(mis à jour le 25.06.2020 à 18h04)

Jalousie, cris, bagarre… Parfois les frères et sœurs s’entendent comme chien et chat. Frédérique Lambert, psychologue clinicienne et psychothérapeute nous livre des clés pour gérer ces conflits.  

Un enfant qui tape

Si votre aîné tape son petit frère ou votre petite dernière cogne son grand frère, ce n’est pas parce que votre enfant est violent ou méchant. Comme l’explique la psychothérapeute Frédérique Lambert, quand votre enfant ressent de la jalousie, ce n’est pas un sentiment agréable. Il va chercher à l’évacuer, à s’en débarrasser. C’est là qu’il peut avoir des gestes violents envers son frère ou sa sœur car c’est une manière d’exorciser ce mal-être :  

« Comme la jalousie est un sentiment désagréable, l’enfant va vouloir s’en débarrasser. Il peut donc adopter un comportement pour tenter de l’aider à se débarrasser de ce qui le dérange. Donc certain enfants peuvent attaquer leur frère ou leur sœur pour avoir le sentiment de régler le problème. C’est une façon de se défendre et de se protéger. »

En tant que parents, comment réagir face à ce comportement ? La spécialiste explique :

« Taper c’est interdit, que l’on ait 21 mois, 10 ans. Que ce soit le grand frère, la petite sœur qui arrive, les copains à l’école, le papa ou la maman. C’est interdit ! Le parent doit donc poser les limites, les règles de la famille et de la société. »

Un enfant qui régresse

Avec l’arrivée d’un second enfant, l’aîné peut avoir tendance à « jouer au bébé ». Il se met à parler en babillant, refuse de marcher, se comporte comme un enfant. Pas d’inquiétude, c’est normal ! L’enfant chercher à attirer l’attention. Frédérique Lambert a quelques conseils pour agir face à un petit qui régresse :

« C’est au parent de lui parler, de mettre les mots qui vont lui permettre d’arrêter d’avoir un comportement d’attaque vis à vis de l’extérieur ou de lui-même. Quand on nomme les choses, même quand on dit à un petit d’un ou deux ans : « Je crois que tu souffres de jalousie. » Il est important de nommer le mot. Et vous pouvez même lui dire : « Tu sais, tu n’es pas le seul. » On peut même en tant que parent essayer de se souvenir de ses souvenirs de jalousie, de sa propre expérience. »

Un enfant qui veut la même chose

« Vouloir avoir la même chose c’est une lutte contre la différence. C’est-à-dire que l’enfant pense que s’il est pareil que son frère ou sa sœur, ses parents vont les aimer autant. 

Il ne faut pas céder dans ces cas-là et même en profiter pour permettre à l’enfant d’apprendre quelque chose de fondamental qui est l’accès à la différence entre soi et un autre. »

Est-ce qu’on intervient quand ils se battent ?

Pour la spécialiste, en cas de disputes entre frères et sœurs, il faut s’adapter et doser. Intervenir à tout prix n’est pas la bonne solution d’après elle :

« Tout est question de dosage. Je ne suis pas pour une intervention systématique. Il y a des choses qui doivent se régler entre les enfants. La seule chose que les enfants doivent savoir c’est que s’il y a un danger ou un problème, ils savent que le parent veille. »

 

La rédaction de La Maison des Maternelles