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Fausse couche : un gynécologue vous dit tout

7 min de lecture
Publié le 03.04.2019 à 16h34 
(mis à jour le 21.05.2019 à 14h44)

Chaque année, en France, 200 000 grossesses se terminent par une fausse couche. Notre spécialiste vous éclaire sur cette épreuve qui peut être traumatisante.

Qu’est ce qu’une fausse couche ?

La fausse couche est un arrêt spontané de grossesse comme le rappelle le docteur François Jacquemard, gynécologue-obstétricien du pôle santé de la mère et de l’enfant à l’hôpital Américain :

« C’est un processus naturel  qui permet d’éliminer un embryon non viable. Quand la nature trouve que quelque chose ne va pas, elle l’élimine. »

Elle survient avant la vingt-deuxième semaine d’aménorrhée, soit 5 mois après l’interruption des règles. Cela correspond à la date de viabilité du fœtus. C’est-à-dire qu’avant ce terme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que le fœtus ne pourrait survivre si la mère devait accoucher.

On peut distinguer deux types de fausse couche, en fonction de la date de début de la grossesse :

  • La fausse couche précoce, qui est la plus fréquente, et intervient avant la quatorzième semaine d’aménorrhée. 
  • La fausse couche tardive, entre la quatorzième et la vingt-deuxième semaine d’aménorrhée.

Les causes / facteurs risques

« Le risque de faire une fausse- couche augmente en fonction de l’âge, disons à partir de 35 ans », indique le spécialiste. À 25 ans, en moyenne, le risque de fausse couche est de 12 % par cycle, alors qu’il passe à 50 % à 42 ans. Mais il n’y a pas que l’âge. Certains facteurs peuvent augmenter les risques de fausse couche : consommation de cigarettes, d’alcool ou de café, et sport intensif pendant la grossesse.

La plupart des fausses couches spontanées sont dues au fait que l’embryon présente des anomalies génétiques qui empêchent son développement, comme l’explique le docteur François Jacquemard :

« En général 70 % des fausses couches sont d’origine chromosomiques. Cela peut aussi venir d’un problème hormonal, une anomalie génitale, une hypothyroïdie, du diabète, une origine infectieuse. »

Les symptômes

Lors d’une fausse couche, la femme peut ressentir des douleurs similaires à celles qu’elle a pendant ses règles : douleurs dans le bas du dos, pelviennes, ou au niveau de l’abdomen. Ces souffrances vont s’accompagner de saignements vaginaux qui peuvent être abondants ou légers, ininterrompus ou irréguliers, de couleur rouge vif ou légèrement brunâtre. La femme peut également expulser des caillots de sang de son vagin ou des tissus un peu brun.

« Mais les saignements ne sont pas forcément synonymes de fausse couche ! », explique le gynécologue. Car 1 quart des femmes enceintes peut avoir des saignements lors du 1er trimestre. Cependant s’ils sont accompagnés de douleurs et se répètent, c’est certainement une fausse couche.

Fausses couches à répétition

On parle de fausse couche à répétition lorsqu’une femme de moins de 40 ans, enceinte avec le même partenaire, fait 3 fausses couches consécutives avant 14 semaines d’aménorrhée. Une situation qui concerne 1,5 % des femmes. A partir de là, on commence à faire des investigations, témoigne le docteur Jacquemard : 

« C’est tout une batterie d’examens. On vérifie qu’il n’y a pas d’infection, d’anomalies utérines, de diabète, de causes génétiques… Il est possible de mener à bien une grossesse après des fausses couches à répétition mais il faut mettre toutes les chances de son côté en consultant au plus vite pour essayer de déterminer les causes et ne pas perdre du temps. »

La prise en charge médicale

Dès l’arrivée des premiers symptômes il faut faire appel à une assistance médicale. Ensuite, une échographie pelvienne est nécessaire pour déterminer qu’il s’agit bien d’une fausse couche. Si l’utérus est vide, alors la grossesse est achevée. Dans ce cas il n’y a pas de traitement particulier.

Cependant la fausse couche peut également être inachevée, ce qui signifie que la grossesse est arrêtée mais que l’embryon est toujours présent. À ce moment-là, 2 alternatives se présentent.

Soit le médecin propose d’attendre que la fausse couche s’achève naturellement, soit il prescrit un traitement médical pour accélérer le processus. Il est plus rare, mais possible, d’avoir recours à un acte chirurgical d’aspiration endo-utérine. Une intervention qui consiste à introduire un tube dans la cavité utérine et d’aspirer les tissus embryonnaires.

Je fais quoi après ?

Sur le plan physique il est recommandé d’éviter les tampons hygiéniques pendant les 15 jours qui suivent la fausse couche ainsi que les relations sexuelles  pour pallier tout risque d’infections.  Attention ! Une fausse couche peut traumatiser et il ne faut pas prendre cela à la légère. « Parfois cela nécessite une consultation psychologique. C’est toujours une épreuve », rappelle le gynécologue.

SI elle peut être un événement personnel difficile à vivre, il faut cependant rappeler que cela est très courant, puisqu’1 femme sur 4 en vivra au moins une dans sa vie

La rédaction de La Maison des Maternelles