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Fausse couche : à quand une meilleure prise en charge ?

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Publié le 14.09.2021 à 13h39 
(mis à jour le 14.09.2021 à 13h45)

Dr Marie Bornes gynécologue obstétricienne, responsable de la maternité de l’Hôpital Tenon à Paris, nous éclaire sur les fausses couches et leur prise en charge.

LMDM - Peut-on espérer une meilleure prise en charge des patientes ayant fait une ou plusieurs fausses couches, notamment aux urgences, avec une attention particulière aux termes utilisés lors de l’annonce, quel que soit le stade de la grossesse ? 

Dr Bornes - On ne peut qu’espérer une amélioration. La fausse couche est prise en charge aux urgences gynécologiques, et on progresse, mais malheureusement, il y a des maladresses. Comme c’est le premier motif de consultation aux urgences, que souvent ce sont des internes en gynécologie-obstétrique qui prennent en charge les patientes, il y a un décalage entre la « banalité » de l’évènement de leur côté, et le drame ou la grande déception qui est vécue en face. On essaye d’y travailler, car dire « ce n’est pas grave vous en ferez un autre » ça n’a aucun sens à ce moment-là pour la patiente. 

C’est aux médecins de ne pas oublier qu’il faut qu’ils se comportent exactement comme si cela avait été une fausse couche beaucoup plus tardive. L’investissement dans les grossesses est parfois, à 3 jours de retard de règles, énorme. C’est très variable selon les patientes, donc il faut faire attention et peser ses mots. À Tenon, nous sommes particulièrement sensibilisés car nous avons notre activité de prise en charge des fausses couches à répétition. Donc les internes sont briefés, mais malgré tout, ça peut déraper. On travaille beaucoup sur la formation des jeunes internes sur le sujet.

Quand parle-t-on de fausses couches à répétition ?

Cela dépend des pays. En France, on considère les fausses couches à répétition après plus de 3 fausses couches consécutives avant 14 semaines. Il y a d’autres recommandations européennes qui elles définissent les fausses couches à répétition si elles arrivent plus de 2 fois avant 10 semaines. Nous, on le définit par d’autres critères. Une patiente qui a fait 2 fausses couches à 40 ans, on va être plus actifs qu’une femme qui en a fait 2 à 25 ans, ça ne va pas être la même prise en charge.

Est-ce qu’il y a des causes aux fausses couches à répétition ?

L’âge est un facteur qui rentre en compte quand il s’agit des fausses couches. Il y a l’obésité, l’alcool, le tabac. Il y a des pathologies hormonales, thyroïdiennes, le diabète, les anomalies chromosomiques… Pour l’endométriose, probablement c’est un facteur de risque de fausse couche, mais dans les fausses couches à répétition, on ne sait pas bien, probablement pas. L’endométriose a plus à voir avec les problèmes de fertilités que les fausses couches.

Quand on fait des fausses couches à répétition, quels examens peuvent être proposés ? 

À partir de 3 fausses couches consécutives, on va proposer un bilan complet aux patientes. On va faire une prise de sang pour détecter des pathologies hormonales, auto-immunes. Un examen gynécologique poussé, avec des échographies 3D en début et fin de cycle de l’utérus, une hystéroscopie -une caméra dans l’utérus. On prescrit aussi une analyse pour le conjoint, avec un spermogramme.

La rédaction de La Maison des Maternelles