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Évaluations des acquis : des tests dès le CP

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Publié le 27.08.2019 à 17h12 
(mis à jour le 04.09.2019 à 18h57)

Depuis la rentrée 2018, les élèves de CP sont évalués 2 fois dans l’année : en septembre et en janvier pour que les enseignants adaptent leurs pratiques pédagogiques à leur classe.

Dans quelques jours des milliers d’élèves feront leur première rentrée à l’école élémentaire. Et pour la seconde année consécutive, les petits CP vont devoir participer à un test, qui sera sûrement le premier de leur jeune carrière. Car depuis la rentrée 2018, 2 évaluations des acquis et besoins des élèves ont été mises en place par le ministère de l’Éducation nationale. La première, cette année, se tiendra du 16 au 27 septembre 2019. Et la seconde, dite « temps d’évaluation à mi-parcours », du 20 au 31 janvier 2020.

Des tests de français et de math

Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France en psychologie cognitive expérimentale et membre du Conseil scientifique de l’éducation nationale (Csen) a contribué à l’élaboration de ces tests, et explique leurs utilités :

« Le conseil scientifique de l’Éducation nationale a pour mission d’identifier et de mettre en valeur les pratiques qui ont le plus fort impact sur les élèves et qui leurs permettent d’apprendre le plus rapidement possible. Pour ça il est nécessaire d’identifier ce que les élèves connaissent et, éventuellement, d’identifier le plus rapidement possible les élèves qui ont des besoins particuliers. Qui sont en retard, par exemple, en lecture ou en mathématiques, ou qui risquent d’avoir des difficultés plus tard.

Alors on a, avec le Conseil scientifique, aidé l’Éducation nationale à mettre en place des petits tests, des exercices, qui vont nous permettre de mesurer les compétences des enfants assez finement. Ce sont des exercices qui sont fondés sur les sciences cognitives, qui évaluent des composants assez spécifiques, du langage, de la lecture et des mathématiques. Et qui vont nous permettre, pour chaque enfant, de savoir quels sont ses besoins et d’y répondre éventuellement avec des interventions spécifiques. »

Les épreuves de français doivent, par exemple, évaluer si l’enfant sait mémoriser le vocabulaire entendu dans les textes, identifier des mots ou encore écouter pour comprendre un message oral. Le test de mathématiques va, lui, servir à voir si l’écolier peut nommer, lire et écrire des nombres entiers, ou encore s’il peut résoudre des problèmes.

Les syndicats en colère

Après la première phase de test, en septembre 2018, les organisations syndicales ont écrit à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale pour lui demander d’abandonner la phase de janvier 2019 et les suivantes, faute de pertinence du dispositif :

« Enquêtes et témoignages montrent que ces évaluations sont inadaptées aux jeunes élèves de CP et son facteur de stress. Les consignes officielles de passation, source de confusion et difficultés, ont dû être adaptées le plus souvent par les personnels. De fait, les résultats ne peuvent être considérés comme fiables et ne sont donc d’aucune aide aux enseignants sur les acquis des élèves.

La phase deux des évaluations de CP, dans la continuité de la phase initiale, s’avère tout aussi inadaptée et présentera les mêmes travers. »

Le ministre a cependant maintenu les évaluations mais a annoncé une simplification du protocole et prendre en compte les remontées du corps professoral.

La rédaction de La Maison des Maternelles