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Et si on faisait un petit dernier ?

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Publié le 23.01.2020 à 11h45 
(mis à jour le 23.01.2020 à 16h35)

Dans certaines familles, il arrive qu’un dernier bébé arrive longtemps après les premiers enfants. Pourquoi ce désir ? Comment gérer ce nourrisson et à la fois les plus grands ? Nous en avons parlé avec Florence Millot, psychologue. 

Peut-être êtes-vous déjà parents de deux ou trois enfants. Vous pensiez que les nuits sans dormir et les couches étaient un lointain souvenir. Et puis un jour, l’un de vous a eu envie d’un "petit dernier". Comment se passe ce désir d’un dernier enfant longtemps après les premiers ? Comment gérer l’écart d’âge ainsi qu’insuffler une autre dynamique dans la fratrie ? Nous avons posé toutes ces questions à Florence Millot, psychologue spécialiste des enfants et des adolescents. 

Un dernier bébé longtemps après les premiers 

D’où peut venir ce désir soudain d’un petit dernier ? Pour Florence Millot, il y a plusieurs explications : 

« Dans la famille dite "classique", je dirai que ce désir est plus souvent féminin. Dans les familles recomposées, cela vient souvent des deux parents car l’enfant cimente le couple. Pour une maman, ça peut venir aussi de l’envie de retrouver l’état de grossesse, de pouvoir s’occuper d’un petit bébé un peu "à soi". Parce que la maman est plus âgée, plus mature, avec une carrière installée. Il y aussi l’idée de se retrouver jeune maman : inconsciemment ça veut dire être toujours féconde, un peu jeune fille. C’est un petit retour en arrière en tant que femme, au-delà du bébé, se dire qu’elle en est encore capable. »

Comment créer le lien entre le bébé et les plus grands ?

L’arrivée d’un bébé dans une fratrie où les enfants sont plus grands, voire adolescents, peut bouleverser les rôles. Le lien entre frères et sœurs se fait naturellement la plupart du temps. Selon notre spécialiste, il ne faut pas imposer aux aînés de s’occuper du nouveau venu. En revanche, le parent peut accepter qu’ils s’en occupent s’ils le proposent. Florence Millot ajoute :

« Les grands frères et grandes sœurs n’auront pas le rôle de parent. Ils ne vont pas être dans l’ordre ou les conseils éducatifs mais dans le plaisir. Cela peut arriver qu’inconsciemment le parent demande de l’aide quand il est épuisé ceci dit. En revanche, parfois des enfants s’occupent trop naturellement du petit dernier. Dans ce cas, il faut cadrer : "c’est moi la mère/le père !" »

Si les aînés sont encore petits, parfois le nouveau venu peut provoquer un bouleversement émotionnel. Cela peut créer de la jalousie. Dans ce cas, il est impératif d’écouter la colère de l’enfant et de verbaliser cette jalousie. Il faut instaurer du temps privilégié avec lui.

Petit dernier, « bébé plaisir » ? 

On qualifie souvent ce petit dernier comme le « bébé plaisir ». Les parents seraient plus sereins et moins stressés sur son éducation. Le nouveau bébé pourrait être aussi un moyen d’unir une famille selon Florence Millot : 

« Pour ce nouveau bébé, la maman est plus "à la cool" et dans le plaisir. Les plus grands peuvent mettre la main à la pâte. On prend un peu plus sur soi par habitude et parce qu’il y a une expérience de dernière fois. Avec une famille nombreuse, on ne peut plus se donner à 100% sur tout. Du coup, ça unit la famille, c’est plus collaboratif, et en général, ça se passe très bien ! »

La rédaction de La Maison des Maternelles