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Enfants : les accidents domestiques augmentent

Publié le 28.05.2021 à 12h51 
(mis à jour le 29.05.2021 à 09h58)

Dr Lodé, pédiatre responsable au Samu de l’hôpital Robert Debré à Paris, livre à LMDM ses recommandations pour bien sécuriser une maison et bien réagir en cas d’accident domestique.

LMDM – Y-a-t-il, aujourd’hui, encore trop d’accidents domestiques ?

Docteur Noëlla Lodé - Oui et surtout avec le confinement, on a observé une hausse de 20% d’accidents domestiques sur les enfants.

Quels sont les accidents les plus fréquents ?

Des chutes essentiellement, étouffement, mais aussi noyades, brûlures et intoxications, notamment avec les produits ménagers.

Quels sont les principaux risques selon les âges ?

Pour des enfants de moins de 2 ans : les noyades dans le bain, il ne faut pas les lâcher des yeux. Les étouffements lorsqu’ils commencent à ramper et à attraper les petites choses par terre, et les chutes, notamment de la table à langer.

Pour les plus grands je dirais les brûlures par liquide chaud, quand on a un enfant sur nos genoux à table ou un enfant qui tire sur une nappe. Les chutes également, dans les escaliers par exemple. Mais aussi les étouffements quand les enfants commencent à faire du petit bricolage avec leurs jouets.

Comment réagir en cas de chutes, étouffements ou brûlures ?

  • Pour les chutes, cela dépend bien évidemment du degré de gravitude de celle-ci. Il est important de savoir de quelle hauteur l’enfant est tombé, s’il a perdu connaissance ou non et s'il y a eu des vomissements. Le premier vomissement est acceptable. C’est la récurrence ensuite qui doit amener à consulter.
  • Pour les brûlures, en attendant les secours on refroidit la brûlure, sous une eau d’environ 15° pendant 15 minutes.
  • Quant aux étouffements, pour les tout-petits on fait les 5 tapes dans le dos puis les appuis sur le thorax.

De manière générale, peut-on éviter les accidents domestiques, est-ce qu’il y a des réflexes à avoir, des éléments à connaître pour sécuriser la maison ?

Oui, certains accidents sont évitables. On ne quitte pas un enfant sur une table à langer ou dans un bain même avec un fond d’eau. Encore récemment on n’a pas pu sauver un bébé de 12 mois laissé seul dans la baignoire… On ne laisse pas non plus l’apéritif sur la table, les cacahuètes par exemple, très dangereux pour les petits qui peuvent s’étouffer ! On ne met pas non plus les produits ménagers dans des bouteilles d’eau…

On essaye aussi de bloquer l’accès à la cuisine, pièce la plus dangereuse dans une maison. On met un petit portillon pour éviter que l’enfant n’y aille. Pareil pour les escaliers.

L’accident domestique laisse planer une certaine culpabilité pour les parents, que peut-on leur dire ?

C’est très compliqué, car parfois on arrive sur les lieux et l’accident est clairement de la faute de parents inconscients. Et on apprend à tourner notre langue dans la bouche avant de parler. Mais je pense que pour les parents conscients du danger qui se sentent coupables il faut travailler dessus et se faire accompagner. Certains accidents sont inévitables malgré toute la bonne attention du monde : l’enfant peut tomber même si on est présent, il peut se coincer le doigt dans la porte même si on est là…

Fait-on assez de prévention sur les accidents domestiques selon vous ?

Pas du tout. On nous parle du Covid toute la journée, mais ce serait bien de parler aussi d’autre chose et notamment des accidents domestiques. Je le redis, une augmentation de 20 % pendant le confinement. Et ça touche tous les milieux contrairement à ce que l’on peut penser ! Des fois on en parle aux jeunes mamans à la maternité, mais il y a tellement de choses à retenir, on donne tellement d’informations… Je pense qu’il faudrait une prévention globale pendant la grossesse.

Existe-t-il des stages de prévention ou des formations pour les parents aux gestes de premiers secours ?

Oui il faut se renseigner, il existe des associations, des formations avec les pompiers des brochures de Santé Publique France… Et on essaye de faire de la prévention avec les parents mais aussi avec les enfants, dans les écoles notamment car en travaillant sur l’enfant on forme aussi le parent et c’est très important.

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à noter

Le coût d’une formation IPSEN varie entre 20 à 30€. L'atelier dure une demi-journée. Vous pouvez vous inscrire à une formation sur le site de La Croix Rouge, celui de la Sécurité Civile, ou bien rapprochez-vous de votre mairie ou PMI qui pourra vous orienter vers les structures qui proposent ces formations.
La rédaction de La Maison des Maternelles