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Enfant tyran : les réponses à vos questions

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Publié le 28.04.2021 à 14h12 
(mis à jour le 05.05.2021 à 08h12)

Didier Pleu est psychologue et notamment l’auteur de l’ouvrage « De l’enfant roi à l’enfant tyran » aux éditions Odile Jacob. Il répond aux questions des parents sur l’enfant tyran.

Tout d'abord, Didier Pleu rappelle :

« Un enfant n’est pas pervers, il n’est pas hitlérien. "Tyrannie", c’est dans le sens qu’il a pris un pouvoir qui ne lui appartient pas. Il ne faut pas confondre avec les dictateurs etc… »

LMDM - Les confinements successifs ont-ils eu un impact positif ou négatif sur l’autorité parentale ?

Didier Pleu - Il y a les 2 cas. Des parents qui avaient une certaine autorité, en ont profité pour dire « on va ré-inclure du télétravail, des habitudes, des routines, et tu ne feras pas que des choses pour toi ». Pour ceux qui ont du mal avec la frustration de leurs enfants, ils ont eu des gamins qui ont regardé plus de séries, plus de vidéos, la malbouffe tous les soirs et une série américaine pour que ça aille bien… Mais je ne leur en veux pas, c’est excessivement dur d’apprendre la frustration dans un contexte comme cela. Ce n’est pas le meilleur contexte pour éduquer. 

Ma fille de 10 ans souffre d’un trouble de l’opposition. Ça a des répercussions sur sa petite sœur, qui par mimétisme, la copie. Quelle attitude avoir ?

Il y a plein de troubles… d’hyperactivité, d’opposition, de dyscalculie, dys… Il y a plein de troubles ! On regarde toujours nous avant s’il n’y a pas un trouble de la frustration. C’est toujours pareil : on vérifie qu’il n’y a pas un problème de carence éducative avant de diagnostiquer un autre trouble. Souvent, ce sont des enfants qui ont du mal à ne pas fonctionner à l’envie. Là, il faut voir comment ça se passe au niveau éducatif, entre les 2 parents, qu’est-ce qu’on exige à la maison ? Est-ce qu’on n’est pas dans cette absence d’autorité en amont, où l’on survalorise, surprotège, sur-stimule, sur-communique ? C’est-à-dire des choses qui ne sont pas forcément frustrantes, déplaisantes… La frustration sécurise psychiquement, de savoir que l’on n’est pas dans une liberté totale. Biologiquement, on est branché pour le plaisir, mais il faut lier plaisir et réalité.

J’ai 5 enfants, et je cède particulièrement tout à un. Les autres me le font remarquer. Je ne comprends pas d’où cela vient. Peut-être l’accouchement difficile que j’ai eu pour lui ?

Beaucoup de psychologues vous diraient que oui. Si l’on croit son psychologue, on va trouver la raison du trauma inconscient, qui fait que l’enfant est comme ci ou comme ça. Pourquoi pas. Moi, ce que je vois la plupart du temps, quand il y a des dysfonctionnements, ce n’est pas une carence affective ou traumatique -même si ça peut exister- c’est souvent une carence éducative, tout simplement. Il faut expliquer aux enfants qu’on peut avoir des affinités particulières différentes avec l’un ou l’autre.

La rédaction de La Maison des Maternelles