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En couple, elles font chacune une PMA pour fonder leur famille

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Publié le 16.10.2020 à 14h41 
(mis à jour le 27.10.2020 à 16h38)

Il y a 1 an, Sophie était venue sur le plateau de LMDM pour raconter son parcours de PMA. Aujourd’hui, c’est sa compagne qui a suivi cette démarche pour leur deuxième enfant.

Sophie et Caroline n’avaient pas attendu la loi sur la PMA pour mettre en route leur projet de bébé. Sophie avait eu recours à une insémination en Belgique. Un parcours semé d'embûches, jusqu'à la naissance du petit Ernest. Mais le désir d'enfant pour ce couple ne s'arrête pas là. Il y a 3 mois, c’est Caroline qui a donné naissance à Camille, au bout de la onzième insémination et « un long parcours de PMA d’un an et demi ».

Pour Ernest, les deux mamans avaient fait le choix d’un donneur semi-anonyme. Pour Camille, elles ont suivi la même démarche :

« C’est le même donneur semi-anonyme pour tous les deux. Ça nous semblait important qu’ils puissent avoir le même donneur semi-anonyme. Ça veut dire qu’à leur majorité, nos deux garçons pourront faire la démarche de contacter la banque de sperme pour avoir accès à l’identité de leur géniteur. »

En revanche, le donneur n’aura pas accès aux informations concernant les enfants ou les mamans. Quant à ces dernières, elles ne peuvent pas non plus avoir accès à ces informations et ne savent donc pas à quoi ressemble le donneur :

« On n'a absolument aucune information. On ne voulait pas choisir sur catalogue un géniteur. »

De longues procédures

Après la naissance d’Ernest, Caroline l’a adopté. C’est maintenant au tour de Sophie de lancer les démarches pour Camille. Mais les procédures à suivre sont très longues :

« C’est une procédure de 18 mois où je dois adopter mon propre enfant. Il y a des rendez-vous avec le notaire pour que Caroline accepte que je puisse adopter Camille. Après il y a un dossier juridique à faire pour le juge, attestant avec des lettres des proches disant que je m’occuperai bien de Camille. Ensuite il y a la police qui va venir à domicile pour voir si Camille est bien accueilli dans notre famille. Et après on aura la décision du juge, mais ça sera au 18 mois de Camille. »

Cette multitude de procédures s’apparente parfois à un véritable cauchemar pour certains parents, obligé de se justifier :

« C’est un parcours qui est vraiment absurde pour nous, mais on a eu de la chance. Les policiers qui étaient venus pour Caroline étaient adorables, ça s’est vraiment bien passé. Mais on sait qu’on a eu de la chance et que ce n’est pas partout pareil sur le territoire. »

Aujourd’hui, Sophie n’a donc « aucun lien avec Camille » malgré la loi sur la PMA pour toutes les femmes, votée en septembre 2019 :

« Avec la nouvelle loi, qui n’est pas encore votée et qui mettra du temps avant qu’elle soit vraiment mise en œuvre, ça sera beaucoup plus simple à l’avenir pour les futurs couples homoparentaux. »

En France, 1 enfant sur 30 est conçu par une technique d’aide à la procréation, comme le rappelle l’Institut national des études démographiques (Ined).

La rédaction de La Maison des Maternelles