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Éducation à la sexualité à l’école : seulement 2,7 séances en 7 ans, contre 21 prévues par la loi 

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Publié le 15.02.2022 à 15h12 
(mis à jour le 18.02.2022 à 10h21)

Depuis 2001, l’éducation à la sexualité est obligatoire dans les écoles, les collèges et les lycées. Mais la loi n’est pas respectée, selon une enquête de l'association Nous Toutes.

L’éducation à la sexualité vise à enseigner une culture de l’égalité, permettre aux jeunes d’aborder sereinement leur vie affective et sexuelle et prévenir les violences sexistes et sexuelles.

Selon la loi, les thématiques biologiques, psycho-émotionnelles et juridiques doivent être abordées dans les séances d’éducation à la sexualité. Mais une grande enquête de l’association féministe Nous Toutes menée auprès de plus de 10 000 personnes révèle que la loi n’est pas appliquée. Ces séances sont pourtant essentielles pour lutter contre les inégalités de genre et les violences sexistes et sexuelles, préparer les élèves à des relations affectives et sexuelles saines, et leur enseigner des notions juridiques de base dans le domaine des violences sexistes et sexuelles. Au moins trois séances annuelles doivent être dispensées de la primaire au lycée.

10 938 personnes ont répondu à l’enquête de Nous Toutes, permettant de mettre en lumière l’absence quasi- totale d’application de la loi, d’un point de vue à la fois quantitatif et qualitatif depuis 20 ans :

  • L’obligation de dispenser trois séances annuelles n’est absolument pas appliquée. Les données montrent que les répondant·e·s n'ont bénéficié que de 13% du nombre total de séances qu'ils et elles auraient dû avoir. Par exemple, les répondant·e·s ayant suivi au moins 7 années de collège et lycée ont reçu en moyenne 2,7 séances d'éducation à la sexualité pendant toute leur scolarité, au lieu des 21 séances minimum prévues par la loi.
  • Les thématiques psycho-émotionnelles et juridiques ne sont quasiment pas abordées, laissant la place à une approche purement biologique de la vie affective et sexuelle.
  • Dans leur majorité, les répondant·e·s déclarent que ces séances ne les ont pas aidé·e·s dans leur vie affective et sexuelle présente et future et n’ont pas servi à prévenir les violences sexistes et sexuelles. 
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L’association a mis en ligne une pétition, et écrit dans un communiqué :

« Nous appelons tous·tes les collégien·ne·s et lycéen·ne·s à se mobiliser au sein de leurs établissements scolaires pour réclamer les séances d’éducation à la sexualité qui leur sont dues. Nous appelons celles et ceux qui se sentent concerné·e·s à partager l’enquête, à interpeller le gouvernement et se mobiliser autour du hashtag #SexEducationNationale! »

La rédaction de La Maison des Maternelles