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Don de moelle osseuse : « On manque de donneurs masculins »

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Publié le 26.03.2021 à 15h33 
(mis à jour le 30.03.2021 à 15h29)

Le professeure Benedicte Neven, pédiatre spécialisée en immuno-hématologie pédiatrique, nous explique pourquoi il est important de s’inscrire sur les registres de donneurs de moelle osseuse en France pour sauver des vies. 

LMDM - Où se situons-nous concernant le don de moelle osseuse en France ?

Professeure Bénédicte Neven - En France il y’a un registre qui est géré par France greffe de moelle dans lequel il y a environ 300 000 donneurs qui sont inscrits. Et la France fait partie d’un registre mondialisé où d’autres pays sont beaucoup plus actifs . Ou en tout cas il y a davantage de donneurs inscrits qu’en France. Il y a dans ce registre mondialisé un peu plus de 30 millions de donneurs volontaires, prêts à donner leur moelle si un patient, quelque part dans le monde, a besoin d’un don de moelle osseuse.

L’Allemagne est un très gros registre, très actif, très bien organisé où il y a plus de donneurs qu’en France. Mais dans ce registre mondial il y a d’autres pays qui participent comme les États-Unis, le Canada, le Brésil…

Est-ce que le contexte sanitaire a un peu a ralenti ou compliqué les choses ?

Ça a surtout compliqué les choses pour des questions de sécurité pour les donneurs mais aussi pour les patients qui doivent être greffés. Je dirais que malgré toutes les complications que l’on a vécues, ça n’a pas empêché de proposer une greffe aux enfants qui avaient besoin d’être greffés. Disons que pour certains patients pour qui la greffe n’était pas urgente, ça a décalé le projet à des périodes plus clémentes. 

Qui peut donner et comment cela se passe-t-il ?

Les donneurs peuvent avoir entre 18 et 35 ans (NDLR : Néanmoins les donneurs inscrits peuvent toujours être sollicités jusqu’à l’âge de 60 ans s’ils sont identifiés comme compatibles avec un malade). Après il est vrai que l’on préfère les donneurs plutôt jeunes. Pour le donneur ensuite il y a 2 manières de collecter les cellules souches, les cellules à l’origine des cellules du sang :

  • Soit sous anesthésie générale où l’on pique dans l’os du bassin qui est un réservoir de moelle osseuse. Comme la ponction et l’aspiration de la moelle fait mal il faut une anesthésie générale ce qui n’est quand même pas rien pour le donneur, même si la quantité de moelle que l’on prélève va se régénérer et qu’il n’y a aucune conséquence pour lui à court, moyen ou long terme. 
  • Soit l’on stimule les cellules souches de la moelle osseuse à l’aide d’un médicament que l’on donne pendant 5 jours avant le don. Ensuite on fait passer le sang du donneur sur une machine qui aspire les cellules souches et qui les collecte quand elles sont mobilisées dans le sang circulant. Cette autre manière de faire a l’avantage d’éviter une anesthésie générale. 

Quel est le profil des donneurs de moelle osseuse ?

Ce sont d’abord des gens généreux parce que ce n’est pas rien de donner sa moelle. Il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes (NDLR : les hommes représentent seulement 35 % des inscrits). Or c’est vrai qu’on aime bien pour une femme prendre un donneur féminin et pour un homme, prendre un donneur masculin. Donc on manque de donneurs jeunes de sexe masculin en bonne santé, qui n’ont aucune contre-indication au don. Parce que bien sur on ne prélève que des donneurs qui n’ont aucun problème de santé car on ne veut absolument pas leur faire courir le moindre risque avec ce prélèvement.

à noter

L’Agence de la biomédecine a lancé une grande campagne lundi 22 mars pour recruter 20 000 nouveaux donneurs sur le registre français des donneurs volontaires, qui contient déjà plus de 321 000 inscrits.
La rédaction de La Maison des Maternelles