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Des gynécologues au chevet des migrantes

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Publié le 27.06.2019 à 16h14 
(mis à jour le 26.07.2019 à 10h00)

L’ONG Gynécologie Sans Frontières intervient, entre autres, auprès des femmes migrantes enceintes. Un travail d’accompagnement, de prévention, de confiance et d’écoute.

Fatoumata, enceinte de 8 mois a traversé seule l’Afrique et le sud de l’Europe. Arrivée en France, elle est prise en charge dans un hôpital. Là elle va passer sa première consultation de grossesse et sa première et dernière échographie. Rien d’étonnant selon le docteur Richard Beddock, vice-président de l’ONG Gynécologue Sans Frontière (GSF) :

« Quand on est un être humain, on veut savoir ce que l’on va manger au prochain repas. On veut savoir où l’on va dormir. Si l’on va avoir un toit au-dessus de la tête la prochaine nuit. On va devoir se protéger. Se protéger physiquement, pour ne pas être tabassé. Et après toutes ces priorités-là, quand il y a un bébé dans l’utérus, là on va commencer à s’intéresser à lui. Mais il y a tout un long chemin avant de considérer cette grossesse puis ce futur être humain. »

Depuis 2015, GSF intervient sur les camps de migrants, réfugiés et exilés en France. Les bénévoles se rendaient, au départ, dans le Nord-Pas-de-Calais, et ont, depuis, étendu leur mission à la région parisienne dans le camp d’Ivry dans lequel ils donnent des consultations de gynécologie-obstétrique. Un réel besoin. En janvier 2019, parmi les 450 personnes accueillies au camp, vivaient 23 femmes enceintes. Les femmes qui portent souvent un très lourd bagage avec elle, comme le rappelle Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs Solidarité :

« On sait bien que ces parcours migratoires ont été extrêmement difficiles, surtout pour les femmes, tout au long du parcours. Donc le premier objectif qui se passe à Ivry est de leur permettre de se poser. Et surtout leur permettre de raconter leur histoire, et de voir des médecins. »

Les séances avec GSF, toujours menées avec l’aide d’un traducteur, permettent également aux femmes de répondre à des craintes sur l’accouchement et le déroulé de leur grossesse. Tessabia, enceinte est terrorisée à l’idée d’une césarienne. Mais le docteur Beddock est là pour apaiser ses craintes :

« Nous ne voulons pas non plus vous faire de césarienne. Mais dès fois, quand on écoute le cœur du bébé, il ne va pas bien. Alors on fait une césarienne. »

Fatoumata et ses amies, repartent soulagées de ces entretiens. Et peuvent se concentrer sur leur grossesse, puis, désormais, le jour tant attendu de l’accouchement.

à noter

Vous pouvez adhérer à Gynécologie Sans Frontières en ligne sur www.gynsf.org, par voie postale à Gynécologie sans frontières, 2 boulevard de Launay, 44100 Nantes.
La rédaction de La Maison des Maternelles