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Dépression post-partum : les inquiétudes du Collège des Sages-femmes

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Publié le 06.05.2020 à 16h26 
(mis à jour le 25.05.2020 à 19h41)

Avant le confinement, on estimait à environ 20% les femmes faisant une dépression post-partum. Adrien Gantois, sage-femme libéral et président du Collège National des Sages-femmes de France, s'inquiète d'une hausse de ces dépressions. 

L'année dernière, un communiqué de presse le Collège National des Gynécologues et Obstériciens Français (CNGOF), rappelait que la dépression du post-partum était un sujet à prendre particulièrement au sérieux : 

"On a souvent présenté la période de dépression qui peut suivre brièvement un accouchement comme étant normale et dénuée de risque. Or, ce n’est pas toujours le cas et, derrière ce passage à vide, peut se cacher une véritable dépression qui n’est pas sans conséquences pour la mère et pour l’enfant. "

Par la voix du professeur Israël Nisand, le CNGOF qualifiait cette dépression "d'éffondrement psychique" et invitait les professionnels de santé prenant en charge les femmes enceintes et les jeunes mères à rester particulièrement vigilants et à l'écoute de leur patientes. 

Aujourd'hui, alors que le confinement a été lourd de conséquences sur les familles, Adrien Gantois, président du Collège National des Sages-femmes, appelle à accroître cette vigilance. 

Des familles isolées après l'accouchement

Alors qu'ils se sont efforcés de maintenir au mieux leur activité durant le confinement, les sages-femmes tirent la sonnette d'alarme. Adrien Gantois nous explique que malgré le maintien en présentiel de l'examen post-natal qui survient dans les 10 jours après l'accouchement, beaucoup de parents se retrouvent livrés à eux-mêmes et très isolés à cause de la crise sanitaire : 

"Ce que l’on voit aujourd’hui c’est qu’il y a un isolement social, beaucoup de parents se retrouvent isolés et n’ont plus le soutien de leur famille. Cela nécessite des ajustements et une relation avec un professionnel de santé.  Donc il faut bien expliquer qu’il existe des professionnels qui sont disponibles pour appuyer et orienter, les patientes susceptibles de faire des dépressions post-natales. Ces dépressions concernaient avant la pandémie 20% des femmes. C’est un chiffre qui est tout de même inquiétant et qui nécessite un vrai suivi par les professionnels."

Un questionnaire pour déceler des dépressions

Afin de pouvoir accompagner au mieux les femmes qui viennent d'accoucher, les sages-femmes demandent à leur patientes de répondre à un questionnaire extrêmement simple, permettant de décéler une dépression du post-partum : 

"On a un questionnaire qui s’appelle le score d’Édimbourg. Il permet d’avoir des scores très clairs. Les patientes peuvent d’ailleurs le télécharger sur internet, il est accessible. En fonction de ce score on oriente vers une psychothérapie ou un service dédié à appuyer les femmes qui en ont besoin. "

Plus encore qu'à l'accoutumée, il est donc très important que les femmes restent en lien avec les professionnels de santé qui les accompagne afin de ne pas amplifier l'isolement dont elles peuvent être victimes à cause du confinement. 

La rédaction de La Maison des Maternelles