france.tv

Dépression post-partum : « J’ai choisi l’hospitalisation »

3 min de lecture
Publié le 16.12.2020 à 18h50 
(mis à jour le 04.01.2021 à 09h26)

7% des nouvelles mères souffrent d'une dépression post-partum. C’est le cas de Marie, maman d’Adèle, 4 mois, qui a choisi d’être hospitalisée pour se soigner.

Marie est la maman d’Adèle, 4 mois et demi. Suite à la naissance de sa fille, elle souffre d'une dépression post-partum :

« Quand Adèle est née, j’étais très heureuse mais en même temps j’avais peur et j’avais du mal à réaliser qu’elle était là. »

« Le grand bonheur que j’avais imaginé ne vient pas »

Ce sentiment et les émotions négatives de Marie ont compliqué l’allaitement, au point de vouloir arrêter de donner le sein à sa fille :

« J’ai dit au papa que, si les mises au sein devaient se passer comme ça, j’allais arrêter. Car le seul rapport que j’avais avec ma fille, c’étaient des moments de stress et de pleurs. J’avais l’impression qu’à chaque fois qu’elle s’approchait, elle se mettait à hurler. »

Cette impression est l’une des caractéristiques de la dépression post-partum. La maman rencontre des difficultés à tisser des liens avec son enfant, et ne se voit pas comme la mère qu’elle s’imaginait devenir :

« Je me disais que pour l’instant, le grand bonheur que j’avais imaginé ne vient pas. Plus les semaines avançaient, plus j’étais fatiguée, et mentalement je commençais à sombrer. »

« On m’a très vite déculpabilisée »

Pour soigner sa dépression, Marie décide de se faire hospitaliser avec sa fille durant 6 semaines, à l’Hôpital mère-enfant de l’Est Parisien. Dr Marie-Laure Sfein, s'occupe d’elles. Ce médecin connait les risques liés au syndrome post-partum :

« Les dépressions maternelles peuvent-être graves parce qu’elles sont peu repérées. Donc elles s’intensifient et la maman peut avoir des idées noires. Ça peut la mener à avoir un acte auto-agressif vis-à-vis d’elle-même, tellement elle vit une situation dont elle ne voit pas le bout. Elle ne sait plus par où prendre les choses. »

Le personnel de l’établissement a tout de suite tenu à rassurer Marie et la conforter dans son rôle de mère :

« Ce qui m’a vraiment aidé en arrivant ici, c’est qu’on m’a très vite déculpabilisée par rapport à l’allaitement. C’est la première fois qu’on me disait qu’un biberon bien donné vaut mieux qu’un sein donné avec épuisement. J’ai été entourée par les soignants qui regardaient l’enfant, mais aussi la maman. »

L’établissement d’un lien mère-bébé 

Ici, tout ne tourne pas autour de l’enfant. L’accent est mis sur la relation mère-enfant, primordiale pour la santé de la maman le développement du bébé :

« L’établissement d’un lien mère-bébé de qualité permet à l’enfant de grandir en sécurité. On sait qu’il est crucial pendant les premières semaines. S’il ne se fait pas, ça risque d’entrainer des désordres de développement chez le bébé, des désordres psychomoteurs, affectifs et relationnels. »

Marie et sa fille ont donc logé dans une chambre à l’abri des bruits et des moments stressant de la vie en société :

« La chambre est vraiment un lieu d’intimité qui a permis à Marie de se ressourcer pendant les premières semaines du séjour. Elle a pu se reposer et être accompagnée dans les soins de son bébé. C’est aussi un temps de rééducation, parce qu’à partir du moment où elle s’est sentie mieux, elle s’est d’avantage mobilisée auprès d’Adèle. »

Si cette hospitalisation a fait beaucoup de bien à Marie et a lui a permis de nouer des liens avec son bébé, le chemin est encore long :

« Aujourd’hui, j’ai encore du travail à faire par rapport à moi parce que je me sens fragile, j’ai encore des moments de tristesse. Mais je suis très fière de ma fille. »

La rédaction de La Maison des Maternelles