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Parole d'expert

Décrypter les pleurs de bébé

2 min de lecture
Publié le 20.05.2021 à 11h34 
(mis à jour lundi dernier à 16h35)

Pleurs de fatigue, de faim... Dr Arnault Pfersdorff, pédiatre, livre ses conseils à LMDM pour réussir à comprendre les pleurs des nourrissons.

Votre bébé vient de manger, a bien dormi, mais il est inconsolable. Vous craignez qu’il ait mal. Comme de nombreux parents vous vous trouvez impuissant. Rassurez-vous, c’est une situation qui est normale. Comme l’indique le pédiatre Arnault Pfersdorff, l’étude des pleurs nécessite du temps, de la pratique et de la complicité :

« Il faudrait presque faire une formation avant d’accoucher. Et expliquer et faire écouter des bruits aux parents. Car la première des choses, en tant que parents, est d’écouter son enfant. À peine le bébé est-il arrivé qu’il faut créer cette bulle : le parent avec son enfant. À chaque fois c’est une expérience nouvelle que personne d’autre n’a vécue. La relation est toujours unique. »

Le spécialiste recommande vivement aux parents de s’écouter et d’écouter leur bébé et de ne pas comparer avec d’autres bébés. Cela va permettre aux parents de ne pas culpabiliser en pensant qu’ils font mal les choses. 

Voici quelques conseils cependant du docteur Pfersdorff pour essayer d’identifier les pleurs :

  • Les pleurs de fatigue : on n’a rien fait et le bébé est irrité. Il est dans nos bras et on n’arrive pas à le calmer. Il ne fait pas attention à l’environnement autour de lui, tout l’irrite, et ça arrive surtout en fin de journée.
  • Les pleurs de faim : c’est un bébé qui va se calmer instantanément dès qu’on lui donne à manger. Pour savoir s’il a vraiment faim on touche les bords de ses lèvres, comme les points cardinaux : Nord-Sud-Est-Ouest. Et si lorsqu’on touche le coin gauche ou droit, il tourne instantanément la tête comme si le petit doit était le sein ou la tétine c’est qu’il a faim. S’il n’a pas de réaction c’est que ça n’est pas ça.
  • Les pleurs de maladie : un bébé qui pleure en pleine nuit alors qu’il n’y a pas de raison particulière et que l’on a du mal à le calmer, et que cela dure. On pense alors à une otite.
  • Les pleurs positionnels : une bébé tout petit peut pleurer parce qu’il est dans une position inconfortable. En le changeant de position, cela va le rassurer et il va se calmer.

Attention : les pleurs d’un bébé peuvent être très difficiles à supporter. Si vous vous sentez à bout alors que votre bébé pleure : posez-le dans son lit, couché sur le dos, et sortez de la pièce pour retrouver votre calme. Un bébé qui pleure sur le dos dans son lit ne risque absolument rien, alors qu’un bébé qui pleure dans les bras d’un adulte exaspéré risque beaucoup. On estime qu’en France, chaque année, entre 400 et 500 bébés sont victimes du syndrome du bébé secoué : 20% en décèdent et 75% des survivants ont de graves séquelles. Si vous sentez que vous craquez face à votre bébé, si vous vous sentez épuisé.e ou dépassé.e : essayez de ne pas culpabiliser et ne restez pas seul.e, demandez du relai. Vous pouvez également vous tourner vers les Réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents (REAAP) partout en France, les PMI, ainsi que les structures comme L’école des parents ou l’association Les Nids.

La rédaction de La Maison des Maternelles

Expert

Arnault Pfersdorff

Pédiatre

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