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Parole d'expert

Déchirure et épisiotomie : vais-je souffrir ?

Publié le 09.06.2020 à 14h51 
(mis à jour le 29.06.2020 à 11h49)

Notre sage-femme Anna Roy revient, en détail, sur les suites de couches. Une période qui peut réserver de nombreuses surprises aux jeunes mamans.

Tout d’abord, Anna Roy tient à rappeler que la déchirure et l’épisiotomie n’ont rien à voir. Une déchirure fait souvent nettement moins mal qu’une épisiotomie.

La déchirure concernerait 9 femmes sur 10. Elle se produit à cause de la tension que fait exercer le bébé sur le périnée au moment de l'accouchement. Cependant, la vaste majorité de ces déchirures sont mineures.

Il existe 4 niveaux de déchirure, du grade 1 -une déchirure relativement bénigne qui n’affecte que la peau et cicatrise souvent d’elle-même- au grade 4, lorsque la déchirure s’étend au niveau du sphincter interne et la muqueuse ano-rectale. La plupart des femmes connaissent une déchirure de grade 1 ou 2, les grades 3 ou 4 restant plus rares.

Toutes les déchirures sont, après la naissance, auscultées par un médecin ou une sage-femme. Ce sont en général ces dernières qui s'occupent de poser les points de sutures.

L'épisiotomie, quant à elle, est pratiquée pendant l'accouchement notamment lorsque le bébé doit être extrait rapidement. Il s'agit d'une incision des muscles superficiels du périnée qui permet d’agrandir l’espace par lequel passe le bébé. C’est une déchirure provoquée. 

Les professionnels de santé s'accordent à dire qu’il est parfois préférable de pratiquer une épisiotomie, plutôt que de faire face à une déchirure complexe. 

Cependant, en suites de couches, l’épisiotomie comme la déchirure feront certainement souffrir la jeune maman, comme l'explique Anna Roy :

« Il y a des femmes qui n’auront pas mal du tout et d’autres qui auront très, très, très, très mal. Certaines femmes ne pourront pas s’asseoir. Dans ces cas-là il ne faut pas rester dans votre douleur et ne rien nous dire. Au contraire, dites-le-nous. On pourra alors mettre à votre disposition des coussins de positionnement. Ça se prescrit, c’est sur ordonnance et c’est vachement utile. On peut aussi vous prescrire des bouées. J’aime moins les bouées car c’est un rond, et pas tout-à-fait pareil que le coussin de positionnement.

Il faudra peut-être également que vous preniez des antalgiques pour aider à supporter la douleur, ou appliquer des désinfectants spéciaux. C’est donc quelques chose qui se surveille. Il faut alors faire venir une sage-femme à domicile, pour qu’elle prenne en charge tout de suite les petits problèmes qui pourraient survenir. Et si, plus tard, vous avez également des problèmes de cicatrisation, cela nécessitera une prise en charge médicale. »

La rédaction de La Maison des Maternelles

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Anna Roy

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