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Dans ce collège, des toilettes mixtes aux multiples bénéfices 

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Publié le 24.01.2022 à 15h55 
(mis à jour le 31.01.2022 à 11h49)

C’est une petite révolution dans la cour du collège : fini les toilettes filles d’un côté et garçons de l’autre. Des sanitaires non genrés sont désormais partagés par tous : une mesure pas si anodine !

Nathalie Gauzere, Principale du collège Henri de Navarre à Coutras, en Gironde, est à l’origine de la décision de réorganiser les sanitaires de son établissement. Elle souhaitait avant tout apporter une réponse aux problématiques de sécurité et de santé des élèves :

« Depuis des années, je suis interpellée par des élèves de 6ème qui ne se sentent pas en sécurité pour aller aux toilettes, car ils ont peur des grands. L’infirmière scolaire me signalait également des problèmes récurrents d’infection urinaire chez les jeunes filles qui se retiennent d’aller aux toilettes, voire, s’empêchent de boire pour ne pas avoir envie d’y aller ! Chez les garçons, on a constaté aussi des problèmes de constipation. »

Alors, depuis septembre, les sanitaires du collège Henri de Navarre se sont transformés. Il existe désormais 2 blocs mixtes : un pour les plus jeunes (6ème et 5ème) et un autre pour les plus grands (4ème et 3ème). Un changement bien accueilli par les élèves, qui ont rapidement pu voir les nombreux bénéfices de ce dispositif, précise la cheffe d'établissement :

« Les petits ont moins peur. Certaines filles craignaient pour la saleté, mais finalement, les garçons font plus attention. Évidemment tous les problèmes ne disparaissent pas du jour au lendemain et il y a toujours des élèves qui ont des craintes, mais globalement, beaucoup moins qu’avant. Les assistants d’éducation peuvent aussi plus facilement surveiller ces espaces, car ils peuvent y circuler quel que soit leur genre. Plus de surveillance, c’est un gage de sécurité. Ça apprend aussi aux filles comme aux garçons à mieux vivre ensemble, à utiliser les mêmes lieux. Sur l’aspect médical, on a aussi vu une nette amélioration : avant, l’infirmière scolaire me signalait 20 infections urinaires par mois, alors qu’elle ne m’en a signalé qu’une seule depuis le début de l’année scolaire ! »

Le collège a aujourd’hui reçu sa nouvelle signalétique : sur les portes, les pictogrammes représentent dorénavant une fille, un garçon, une figure « ni fille, ni garçon » explique la Principale, mais également une personne en situation de handicap physique. Une initiative qui trouve une forte résonance :

« Nous avons reçu beaucoup de médias qui s’intéressent au dispositif. Beaucoup de collègues de l’enseignement me sollicitent pour connaître la marche à suivre et avoir des retours. Nous avions lancé cela comme un test, mais aujourd’hui c’est certain, nous allons pérenniser ce dispositif : nous ne reviendrons pas en arrière ! »

Marion Cousin