france.tv

Crise sanitaire et séparation mère-enfant, comment s’en remettre ?

2 min de lecture
Publié le 28.05.2020 à 16h01 
(mis à jour le 28.05.2020 à 17h40)

Que ce soit à la naissance ou par les conséquences du confinement, certains enfants se sont retrouvés séparés de leur mère. Quelles conséquences cela a pu avoir, et comment reconstruire le lien ? 

Hélène Romano est psychothérapeute, spécialisée dans la prise en charge des blessures psychiques et des traumatismes. Elle répond aux questions de deux femmes qui se sont vues séparées d’un de leurs enfants durant le confinement. 

Laurie et Pablo 

Laurie a accouché prématurément le 7 mars à Ajaccio. Du fait de la prématurité de son bébé, ils ont dû être transférés à Marseille. Son mari est resté en Corse avec Pablo, leur aîné de deux ans. Pendant de longues semaines, Laurie n’a pas pu voir son fils aîné et ne l’a retrouvé que le 20 mai. Elle s’inquiète donc du ressenti d’abandon que peut connaître Pablo et les angoisses de séparation. Hélène Romano conseille donc plusieurs façons de travailler là-dessus : 

« On peut travailler sur le ressenti d’abandon avec des jouets, des supports qui vont permettre aux parents de symboliser le lien. On peut faire des jeux de cache-cache purs et durs, montrer que quand le parent n’est pas là, cela ne veut pas dire qu’il va disparaître, mais qu’il va revenir. Cela permet d’apprendre la notion d’absence. C’est important de matérialiser par le jeu tout ce qui va être restauration du lien. »

Elle explique également que le risque dans cette situation, c’est que l’aîné reporte une certaine colère sur le plus jeune qui lui a enlevé sa mère pendant 70 jours sans qu’il n’y ait été préparé. Il est donc important qu’il puisse l’exprimer, que ce soit avec ses parents ou un thérapeute. Il est important aussi que la maman explique que ce n’est pas elle qui a voulu cette séparation mais les médecins. 

Anne et Roxane 

Anne a été séparée de sa fille Roxane à la naissance. Elle a accouché elle aussi prématurément le 26 mars, elle était positive au Covid-19. Il y a eu une césarienne sans la présence du papa et Anne a tout de suite été séparée de Roxane qui a été placée en quarantaine. Ce n’est que le 3 avril qu’elle a pu rencontrer véritablement son bébé. Notre spécialiste le confirme, ce genre de situation est une véritable violence :

« C’est extrêmement violent, cela peut entraîner des dépressions du bébé si on ne lui explique pas. Il faut beaucoup parler à ce bébé, en étant présent pour lui. Il faut aussi accompagner les parents qui se sentent impuissants, ils peuvent être particulièrement insécurisés. Ce temps-là ne se rattrapera pas et ils ont été amputés des premiers jours de vie de leurs enfants. Il faut donc beaucoup discuter, il y a un sentiment d’injustice profond. »

Elle conseille par ailleurs aux parents vivant des situations similaires de ne pas hésiter à se faire aider par un thérapeute. 

La rédaction de La Maison des Maternelles