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Parole d'expert

Covid et grossesse : des congés maternité plus longs

Publié le 29.03.2021 à 10h20 
(mis à jour le 30.03.2021 à 09h14)

Anna Roy, sage-femme, tient à rappeler aux futures mamans que depuis le mois de novembre 2020, elles peuvent se faire arrêter à partir du début du troisième trimestre de grossesse car elles sont considérées comme des personnes vulnérables.

Tiphaine est enceinte et travaille encore malgré la crise sanitaire. La jeune femme se demande si elle a le droit d’arrêter plus tôt dans ce contexte :

« Enceinte de 22 semaines. Mon congé maternité est prévu pour le 24 avril. Toutes mes connaissances et copines ont été arrêtées de travailler dès le début du troisième trimestre par précaution par rapport au Covid-19. On ne m’a jamais parlé de cela personnellement dans mon travail. »

Anna Roy, sage-femme, le rappelle, depuis le mois de novembre 2020, les recommandations sont claires et n’ont pas changé : on arrête les femmes au troisième trimestre de la grossesse. Elles sont considérées comme des salariés vulnérables et peuvent donc être arrêtées. Mais alors pourquoi certaines femmes comme Tiphaine ne sont pas arrêtées ? Anna explique :

« Je ne sais pas comment cela se passe en fonction de l’employeur ou l’entreprise, mais peut-être qu’un employeur partira du principe que sa salariée n’est pas exposée au virus si elle est en télétravail. »

Un public à risque

Pour certaine femmes enceintes, le problème est tout autre : elles refusent de se faire arrêter trop tôt par peur que cela soit mal perçu par leurs collègues. Anna Roy leur conseille de ne pas s’attacher à cela et surtout de ne pas hésiter à se faire arrêter :

« Ça me rend hystérique ! C’est-à-dire que, déjà, j’arrêterais en temps normal toutes les femmes au troisième trimestre. Alors être obligées de discuter aujourd’hui alors qu’elles sont à risque d’une forme grave du Covid, me semble hors de propos. »

Il ne faut pas prendre de risque durant la grossesse et les femmes enceintes peuvent disposer d’un arrêt de travail. Si elles craignent la réaction de leur employeur, Anna Roy leur conseille d’y penser plus tard et de « poser un arrêt, ensuite on verra » :

« Souvent les femmes culpabilisent parce qu’elles prennent un arrêt de travail parce qu’elles ont des contractions et cætera. Il faut se rendre compte que l’employeur ne viendra pas en réanimation ou voir le bébé s’il y a des problèmes. Le travail n’est pas la vie. C’est important de rappeler qu’il n’y a pas que le travail dans la vie. »

La rédaction de La Maison des Maternelles

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Anna Roy

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