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Covid-19 : « À Marseille, la majorité de patientes enceintes sont dépistées »

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Publié le 16.04.2020 à 14h35 
(mis à jour le 17.04.2020 à 11h40)

Chaque jour la situation épidémique due au Covid-19 évolue différemment selon les régions. Qu’en est-il dans les maternités de Marseille ? Le point avec la Pr Florence Bretelle, gynécologue. 

Tous les jours, les maternités vivent au rythme de l’épidémie de coronavirus. Les accouchements se font sous haute surveillance et la situation évolue différemment selon les régions. Alors que le Grand Est et l’Île-de-France sont les régions les plus touchées par le Covid-19, qu’en est-il dans les services de la ville de Marseille ? La professeure Florence Bretelle, cheffe adjointe du service de gynécologie obstétrique au CHU de Marseille fait le point sur la situation de sa région. 

Comment évolue la situation à Marseille ? 

Tandis que certaines régions font face avec difficulté à l’épidémie de Covid-19, à Marseille, la situation se stabilise, comme nous l’explique la professeure Florence Bretelle : 

« Dans nos services à Marseille, la situation se calme et est d’une manière générale sous contrôle. On s’est bien organisé et on voit que le nombre de cas diminue. L’activité Covid et grossesse diminue nettement dans nos deux services. Nous nous sommes organisés avec des unités spécifiques et des circuits particuliers pour prendre en charge les patientes. Nous avons beaucoup de patientes qui sont dépistées, car nous sommes en face de l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU) de Didier Raoult. Dans le service, on démarre un dépistage dans certains cas particuliers. »

Des patientes traitées par chloroquine

De fait de la présence de l’IHU en face de la maternité, beaucoup de patientes enceintes ont été dépistées et certaines se sont vues administrer le fameux traitement à la chloroquine. Notre spécialiste détaille la mise en place du traitement dans son établissement : 

« Certaines patientes volontaires ont bénéficié du traitement à la chloroquine. Les équipes du Professeur Didier Raoult nous ont questionnés pour savoir s’il y avait des contre-indications au niveau obstétrical. Il n’y a pas de contre-indication à prendre la chloroquine et le zithromax d’un point de vue obstétrical. Le protocole associe les deux. La majorité de nos patientes sont sous ce traitement. L’équipe des infectiologues indique ce traitement. Une patiente même asymptomatique en bénéficie. L’idée, ici à Marseille, c’est de traiter les patients le plus tôt possible. »

À ce stade, il n’est pas possible de dire si le traitement fonctionne : 

« Pour l’heure, nous ne savons pas si le traitement a été efficace. Nous n’avons pas de recul, nous n’avons pas mené d’étude randomisée. Nous aurons plus tard une idée grâce aux données entre les patientes traitées et les patientes non traitées. Mais pour l’heure, il n’est pas possible de le savoir. Ce que je peux vous dire, c’est que nous n’avons pas vu de complications dues à la prise du traitement. Ce traitement n’est pas contre-indiqué pour les femmes enceintes dans la mesure où la chloroquine est utilisée pour le paludisme depuis des années. Et quant au zithromax, c’est un antibiotique qui ne présente pas de contre-indication ». 

« À Marseille, nous suivons les recommandations concernant la présence du père »

Concernant la présence du père ou des accompagnants à l’accouchement, le CHU de Marseille suit les recommandations appliquées dans la plupart des maternités du territoire :

« Le père peut être présent uniquement en salle de naissance comme les recommandations le stipulent. On sait que c’est difficile pour les parents. Mais le but est de protéger un maximum les femmes, leurs familles et les soignants. »

La rédaction de La Maison des Maternelles