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Covid-19 : la difficile place du coparent

Publié le 02.06.2021 à 11h20 
(mis à jour le 02.06.2021 à 17h31)

Alexandre Marcel, auteur du livre « Je ne m’attendais pas à ça », aux éditions Larousse, a récemment publié une tribune sur son blog pour dénoncer le fait que les coparents n’aient pas le droit d’assister à tous les examens de la grossesse du fait de la crise sanitaire.

LMDM- Votre femme enceinte, vous pensiez assister, comme chaque coparent, à l’échographie du premier trimestre ?

Alexandre Marcel - J’étais en train de travailler dans notre appartement. Et là je vois ma femme qui arrive, ruisselante de larmes, et qui m’annonce que je ne peux pas venir à la première échographie. Elle m’explique que la gynécologue qui la suit a reçu des instructions et qu’elle refuse que je sois présent. Cela m’a rendu hyper triste. Je suis déjà papa d’une petite fille et je sais donc à quel point une écho est importante. C’est comme cela aussi que l’on devient coparent. On se prépare, on commence à enfiler son costume pendant la grossesse. On entend le cœur battre, on le voit bouger… On prend possession de cette nouvelle fonction.

Vous avez donc décider de dénoncer cela ?

Mon coup de gueule, à travers mon livre et mon blog (NDLR : papaplume.com), c’est pour les jeunes coparents et pour les pousser à s’investir, car cette période est trop importante.

En plus du coparent qui ne peut assister aux examens, il y a aussi la maman qui se retrouve seule…

Lorsque j’ai écrit ma tribune qui a pas mal circulée sur le web j’ai eu de nombreux retours, notamment d’une maman. Elle m’a expliqué qu’elle avait appris pendant l’échographie que son bébé était mort dans son ventre, que le cœur ne battait plus, et qu’elle était seule pour encaisser cette nouvelle. Le papa aurait dû être là pour la soutenir !

Selon vous, le fait de refuser les pères questionne aussi sur leur rôle et leur place pour une partie de la société ?

C’est malheureux comme message. Parce que déjà cela va à l’encontre de ce pour quoi je me bats. Mais pourquoi ne pas autoriser les pères et les seconds conjoints à assister aux échographies ? Cela envoie un mauvais message. Ça envoie le message que finalement le coparent n’est pas si important, qu’il est secondaire, alors que je pense qu’au contraire le papa doit prendre sa place, doit s’investir et la loi doit lui permettre de le faire, avec l’allongement du congé paternité par exemple -qui n’est d’ailleurs toujours pas assez long. Le message pour les coparents c’est : Tu mets les mains dans les couches, ça va t’apporter un bonheur immense ! Ton enfant a besoin de toi. On sait que la qualité de son éveil dépend aussi de la qualité de ses liens d’attachement.

Au final, est-ce que l’échographie de votre femme s’est bien passée ?

Elle s’est bien passée et j’ai eu la chance, un mois plus tard d’en faire une dans un contexte un peu rocambolesque. Il fallait que l’on arrive tous les 2 en dernier, je n’avais pas le droit d’être dans la salle d’attente, il fallait que j’attende dans la rue. On a appris alors que c’était un garçon. Et ça s’est super bien passé et j’étais super heureux d’y aller.

La rédaction de La Maison des Maternelles