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Covid-19 : « On fait porter beaucoup de choses aux enfants »

Publié le 26.03.2021 à 14h43 
(mis à jour le 29.03.2021 à 12h17)

Hélène Romano, psychothérapeute et auteure de nombreux ouvrages tels que L’enfant face au traumatisme, aux éditions Dunod, revient pour LMDM sur l’impact de la crise sanitaire sur les enfants.

Port du masque obligatoire à l’école, réduction des activités extra-scolaire, des loisirs, des visites familiales… Les enfants sont les victimes silencieuses de la crise sanitaire. Un état de fait qui n’a de cesse de poser questions aux spécialistes de l’enfance, comme nous l’explique Hélène Romano, psychothérapeute : 

« Nous sommes tous, professionnels de la petite enfance, assez inquiets des répercussions de la pandémie sur les enfants, sur leur investissement, sur leur confiance en eux, en l’autre, en l’adulte… Parce qu’ils ont besoin d’être dans un environnement sécurisé pour bien évoluer et qu’actuellement c’est compliqué. »

Le port du masque en ville et à l’école est une des parasites illustrations des antagonismes que subissent les enfants :

« Le masque cache le visage. On dit aux enfants de parler pour aller bien mais on met un masque devant le visage, donc il y a quelque chose de très paradoxal. »

Les jeunes accusés de transmettre le virus

La spécialiste rappelle qu’on a aussi longtemps accusé les jeunes d’être les colporteurs du virus. Des accusations dans les médias, au sein des pouvoirs publics…. qui laisseront des traces au sein de cette jeune génération :

« Actuellement il y a une sorte de clivage qui pourrait laisser penser que les enfants, les ados et les jeunes adultes seraient responsables de la transmission, de l’évolution de la pandémie et pas les personnes plus âgées et les seniors. 

On le dit moins, mais on l’a beaucoup dit. Et pour les enfants ça laisse des traces, pour les étudiants ça laisse des traces aussi. C’est compliqué. Nous on passe à autre chose mais eux vont rester marqué par ça. Il y a eu une évolution qui est liée aussi à l’évolution des données scientifiques mais ça a profondément marqué les gens. »

Pour l’auteure de nombreux ouvrages sur l’enfance, il y a encore beaucoup à faire pour les enfants mais aussi leurs parents et les professionnels qui travaillent au quotidien avec eux :

« On fait porter beaucoup de choses aux enfants sans forcément leur apporter la sécurité nécessaire. Et j’insiste : sans forcément réassurer les parents et avoir des espaces pour les parents inquiets, pour les professionnels qui en font beaucoup, beaucoup, et à qui on demande beaucoup et n’ont pas d’espace pour gérer ce stress. Ce qui n’est pas simple. »

La rédaction de La Maison des Maternelles