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Contraception : pourquoi pas les hommes ?

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Publié le 27.10.2021 à 15h58 
(mis à jour le 28.10.2021 à 11h22)

Aujourd’hui, la charge contraceptive incombe encore majoritairement aux femmes. Pourquoi ne pas la partager dans le couple ?

Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain se sont penchés sur cette délicate question. De leur enquête est née la BD « Les contraceptés » aux éditions Steinkis. Stéphane Jourdain, également journaliste pour France Inter, se rappelle :

« Tout est parti d’une discussion. On s’est rendus compte qu’après des années de vie de couple, nous ne nous rendions pas compte des contraceptifs que nos différentes compagnes avaient utilisés. C’est un sujet qui est resté à côté du couple. On a réussi à éviter d’être touchés par la charge contraceptive : les rendez-vous chez le médecin, les effets secondaires, etc. »

Pourtant, les recherches sur la contraception masculine ne datent pas d’hier : dès les années 50, en parallèle des recherches sur la pilule féminine, la recherche se fait aussi autour d’une contraception masculine, prometteuse. Stéphane Jourdain explique :

« Il y a des études de l’OMS, très larges, sur des centaines de couples, qui montrent que les injections hormonales sont efficaces à hauteur de 95%, donc à efficacité équivalente que le stérilet. On se rend compte que derrière ces études, ça n’embraye pas. Il ne se passe rien. L’industrie pharmaceutique ne se met pas sur le sujet, ni les politiques, ni les hommes. »

Le slip chauffant

On en entend beaucoup parler ces derniers temps : le slip (ou l’anneau) chauffant. Le principe ? Remonter les testicules au plus près du corps pour faire monter leur température de quelques degrés : ainsi, la production de spermatozoïde s’arrête, et l’homme est alors contracepté. Stéphane Jourdain raconte :

« C’est une technique qui existe depuis longtemps, qui fonctionne bien. Les testicules, si elles sont remontées, se réchauffent d’un ou 2 degrés. Au bout de quelques mois, la spermatogenèse -la production de spermatozoïde- s’arrête. Ensuite, si vous arrêter de porter ce slip chauffant, la production reprend au bout de quelques mois. »

Une méthode qui parait finalement assez simple, mécanique, sans traitement hormonal, sans effets secondaires connus… Mais alors, pourquoi cette méthode est si peu répandue, et pourquoi n’avance-t-on pas plus vite sur ce sujet ? Stéphane Jourdain répond :

« Ça arrange bien les hommes. C’est le patriarcat. Le politique ne s’en saisi pas. Olivier Veran a fait des annonces pour la gratuité de la contraception féminine, sans évoquer la contraception masculine, alors qu’il y a des avancées majeures. Et l’industrie pharmaceutique ne s’est jamais dit « il y avait un marché, on y va, on finance les études nécessaires. »

La rédaction de La Maison des Maternelles